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Denise Duval dans les mamelles de Tirésias (©Bibliothèque nationale de France)

Denise Duval, une Voix Humaine s’éteint

5 min
À retrouver dans l'émission

« Si je n'avais pas été l'interprète de Poulenc, personne ne parlerait de moi », disait-elle. Sans doute Denise Duval, dont on a appris hier la disparition à l'âge de 94 ans, restera-t-elle pour beaucoup l'égérie de « Poupoule » Francis Poulenc qui la surnommait son « Rossignol à larmes ».

Denise Duval dans les mamelles de Tirésias (©Bibliothèque nationale de France)
Denise Duval dans les mamelles de Tirésias (©Bibliothèque nationale de France)

Le compositeur mis beaucoup de lui-même dans ce Dialogue des Carmélites (adapté en 1955 d'un scénario de Georges Bernanos) et l’interprétation de Blanche de la Force par Denise Duval a marqué plus d'un auditeur, même 50 ans plus tard résonnent encore ces mots « Laissez-moi croire qu’il est un remède à cette horrible faiblesse qui fait le malheur de ma vie ». Elle n’eut pas peur Denise Duval de faire ses débuts au théâtre à Bordeaux avant de se tourner, contre l’avis de son père, vers la chanson. Francis Poulenc la remarque aux Folies Bergère chez Georges Hirsch, il aime sa voix, son chic et son rire naturel, va naitre une grande complicité entre la chanteuse et le compositeur qui lui écrira « Tu représentes exactement ce que j'aurais voulu être si j'avais été femme ! »

Aussi c’est elle qui incarne Thérèse en 1947 à l’opéra Comique pour la création des Mamelles de Tirésias (tiré du drame très surréaliste d'Apollinaire – une histoire de travestissement et de procréation délirante), Poulenc écrit pour elle un cycle de mélodies La Courte Paille pour que Denise Duval puisse les chanter à son fils, et c’est encore elle qui crée La Voix Humaine en 1958. Si vous n’avez jamais entendu l’œuvre il faut aussi la voir jouée : pendant 40 minutes une femme est seule au téléphone. Certains rappelleront que Denise Duval a aussi chanté Debussy, et encore aussi bien l’Heure espagnole que Madame Butterfly, mais tout de même il faut rester sur cette Voix Humaine, qui va marquer la vie de Denise Duval puisque c'est lors d’une représentation de La Voix Humaine à Buenos Aires que Denise Duval se retrouve subitement aphone en 1965. Elle décide à 45 ans d'arrêter de chanter et retourne à la vie civile sans plus jamais revenir au chant. Jusqu'à ce que Dominique Delouche, réalisateur, frappé par une diffusion de la Voix Humaine à la radio insiste pour qu’elle accepte de jouer pour la caméra la partition qu’elle a déjà enregistrée, avant de briser sa voix. Ce sera leur premier film ensemble en 1970. Il fera ensuite un autre film avec elle, en 1998, autour de la transmission de l’œuvre (et c’est la seule leçon quelle donnera de sa vie, mais quelle lecon) sur la scène de l’opéra comique, avec la soprane Sophie Fournier et Alexandre Tharaud au piano : La Voix « retrouvée » de Denise Duval.

Extraits diffusés :

  • Dialogue des Carmélites de Francis Poulenc "Oh! mon père cessons ces jeux par pitié…"

  • La Voix Humaine, Denise Duval, Francis Poulenc au piano

  • extrait du film « Denise Duval, ou la Voix retrouvée » de Dominique Delouche (1999) © Les Films du Prieuré - MUZZIK 

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Bibliographie

La voix humaine

La voix humaineDoriane Films / les films du Prieuré, 2009

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