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Ecoutez le cinéma de Tariverdiev !

5 min
À retrouver dans l'émission

Mikail Tariverdiev (Микаэл Таривердиев) compositeur méconnu de musiques de films russes, fait l’objet d’une belle réédition qui vaut tant par la nostalgie intime de sa musique que par l’histoire de ses bandes.

Do svidaniya, malchiki! (Au revoir les garçons), c’est ce piano seul un peu triste qui attire il y a quelques années l’attention d’un musicien anglais (Stephen Coates, chanteur du groupe The Real Tuesday Weld) quand il l’entend dans un café à Moscou. Renseignements pris, il s’agit de la bande originale d’un vieux film « Goodbye, Boys! » et la partition est signée Mikael Tariverdiev. Le regard droit et perdu, cigarette à la main, avec un air entre Droopy et Stravinsky, Tariverdiev vous regarde et vous emmène avec lui, pour la première anthologie réalisée à l’Ouest autour de sa musique, presque 20 ans après sa mort.

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Mikhail Kalik, le réalisateur de « Good Bye Boys » (1964) raconte qu'avant Mikael Tariverdiev de grands orchestres accompagnaient les films, des orchestres officiels du cinéma en quelque sorte. Avec Tariverdiev, la musique devient délicate, subtile et surtout intime. Le coffret qui vient de paraître « Film Music » ne dit pas comment Tariverdiev a vécu pendant le régime soviétique mais plutôt comment sa musique se place à la fois au cœur des années 60-70 en URSS, et toujours à côté, comme ces voix du Meridian Vocal Trio (Nadezhda Lukashevich, Nikolay Smetanin et Vladimir Sitanov) émerveillées par la beauté des rues familières …

Un des sommets d’émotion du recueil, « Your Voice », chanson destinée au film « The premonition of love » (1982) emprunte ses mots au poète Nikolay Dobronravov. Parmi ces musiques pour la télévision ou le cinéma (il n’est pas question dans ce coffret des opéras, ballets et concertos de Tariverdiev) l’on trouve aussi bien des ballades douces-amères à la guitare (Along My Street for Many years) des parties de jazz be bop (il y a même un Russian Ragtime) que des valses à l'accordéon ; avec toujours un envoutement et une nostalgie immense, marqués par des instruments fantomatiques (cymbalum, petits orgues ou l’étrange güiro de « The Last Waltz »). On y trouve aussi les thèmes de « Dix-sept moments du printemps » une série télévisée sur un espion en Allemagne nazie, très populaire en Union Soviétique depuis sa diffusion en 1973. Si certains citent Michel Legrand ou Nino Rota, on pense souvent, par ses mélodies, au lyrisme simple d’un Francis Lai (le thème au saxophone de The Last Romantic préfigure sans doute Les Ripoux mais « The Irony of Fate » évoque immédiatement « Un Homme et une femme », avec une touche de Gabor Szabo).

Pour « No One’s Home », chanson tirée de l’Ironie du destin (téléfilm de 1976 Ирония судьбы, или С лёгким паром!) Tariverdiev emprunte les mots de Boris Pasternak.

Enfin cette compilation Tariverdiev vaut aussi pour le récit de l’enquête : celui qui découvre, redécouvre les vieux albums oubliés, comment on exhume des trésors du passé, c’est presque devenu un topos. Mais Stephen Coates trouve ici un guide de premier ordre en la personne de Vera Tariverdieva qui, depuis la disparition de son mari, a conservé toutes et les affaires personnelles du compositeur intactes dans un appartement qui a l'air sorti des années 70. La réédition des bandes originales (certaines inédites) s’est même faite depuis son salon, sur son magnétophone Mechlabor STM 610 en parfait état de marche. On se quitte avec cette morale chantée « On the Scout » : quelle attitude avoir face au monde, face aux événements graves « on ne va pas fuir comme des lapins papa ».

Extraits diffusés :

Boys & The Sea (part One & Two)

Your Voice

No One’s Home

On the Scout

Tariverdiev - Music Film (Earth Recordings) 

Merci à Hélène Pétain et Sébastien Lopoukhine pour leur aide à la compréhension des textes 

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