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Forqueray : Viole et filiation

6 min
À retrouver dans l'émission

Relation père-fils orageuse, viole en désuétude et souffle d’interprétation : le triple CD FORQUERAY (Aparté) convoque à la fois l'Histoire, l'intime et l'immortel pour le violoncelliste et gambiste Astushi Sakai, avec Marion Martineau et Christophe Rousset.

« Madame, L'ouvrage que je prends la liberté de vous offrir a mérité à feu mon père la réputation dont il a joüi pendant sa vie, et la Protection que vous voulés bien accorder, Madame, va lui assurer l'immortalité. La Viole, malgré ses avantages, est tombée dans une Espèce d'oubli, vôtre gôut, Madame, peut lui rendre la célébrité quelle a eue si long temps, il peut exciter l'émulation de ceux qui cultivent la Musique; Pour moi, Madame, un motif plus pressant m'engage a redoubler mes veilles. Le bonheur que j'ay eu de vous voir aplaudir à mes faibles talens va renouveller l'ardeur de mon zèle: heureux si par mon travail je puis contribuer à vos amusemens »

Lettre de Jean-Baptiste Forqueray adressée à Madame Henriette de France (la fille aînée de Louis XV) en 1747.

Tout est dit, ou presque, avec des formes qu’on ne supposerait plus, sauf peut-être dans les ambassade : Jean Baptiste, fils d’Antoine Forqueray, grand violiste et compositeur remercie sa protectrice car l’instrument tombe en désuétude, plus tout à fait à la mode depuis la mort de Marin Marais en 1728 ; et malgré la publication d’une Défense de la basse de viole contre les prétentions du violoncelle (texte d’Hubert Leblanc publié en 1740).

C’est pour ces raisons de mode qu’Antoine Forqueray (le fils) publie donc en 1747 une adaptation pour clavecin, qui a plus de chance de se vendre. Mais il édite tout de même une version pour viole et basse continue, et c’est précisément celle-ci qui est ici jouée dans cet enregistrement qui vient de paraître.

Edition originale de la partition (1747)
Edition originale de la partition (1747) Crédits : Source : Gallica.Bnf.fr Bibliothèque nationale de France

Les interprètes de cette belle captation vivante (où rien n’a été retranché ni coupé, toutes les reprises et les cinq Suites sont jouées en intégralité) eux que l’on entend souffler et vibrer pour nous sont à saluer pour la rigueur et le vif de l’entreprise : Atsushi Sakai d’abord, avec à ses côtés Marion Martineau qui joue l’autre basse de viole et Christophe Rousset au clavecin.

La choix du nom simple « Forqueray » pour cet enregistrement en triple CD, sans préciser Jean Baptiste (le père) ou Antoine (le fils) s’avère très fort. D’abord parce que (le livret de Thomas Soury le raconte bien) persiste une incertitude à établir ce qui vient du père ou du fils ; mais surtout parce qu’ils furent gravement en conflit : « les violences faites à son épouse, ses adultère répétés et ses rapport conflictuels avec son fils Jean-Baptiste qu’il fit emprisonner puis exiler en 1725 pour se protéger de sa concurrence ont forgé l’image d’un personnage hautain et caractériel »Tout de même. La réconciliation adviendra finalement, et se fait encore par la musique. On se quitte avec une pièce de la quatrième Suite nommée d’après un petit coin de campagne d’alors pas très éloigné de notre Maison de la Radio : Le carillon de Passy.

Extraits diffusés :

La Bouron

La Ferrand

Le Carillon de Passy – La Latour

Forqueray Pièces de viole – Atsushi Skai, Christophe Rousset, Marion Martineau (Aparté)

Concert vendredi 12 février à l’Eglise des Billettes (24, rue des Archives 75004 Paris) au programme Forqueray, Marin Marais et Sainte Colombe. 

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