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Jasser Haj Youssef , Kandia Kouyaté, Fadoul : haram ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Jasser Haj Youssef
Jasser Haj Youssef Crédits : Radio France

Les moyens d’une bande annonce de blockbuster de cinéma au service de la propagande. Peu de choses à commenter sur ce que l’on vient d’entendre, édifiant dans son contenu comme sa forme, forme à laquelle il convient de s’intéresser.

C’est un article signé Luis Velasco Pufleau paru dans la revue Transposition - Musique et sciences sociales qui nous conduit à ces publications : « Après les attaques terroristes de l’État islamique à Paris. Enquête sur les rapports entre musique, propagande et violence armée ». Article passionnant, qui analyse le discours salafiste sur la musique et s’intéresse notamment au rôle des Anasheed dans l'endoctrinement djihadiste, dans la propagande numérique de l’État islamique.

Les anasheed ce sont des chants islamiques, comme de la poésie récitée, avec uniquement des voix mais sans instruments de musique est-il toujours précisé alors qu’on entend à l’évidence un traitement par ordinateur et des claviers (mais les fondamentalistes n’en sont pas à un paradoxe près).

L’exemple le plus tristement connu : le nasheed « Avance Avance » que l’on pouvait entendre dans le document audio qui revendiquait les attentats du 13 novembre (remontée) est notamment analysé en longueur. Bref lecture instructive sur les outils d’une communication.

Lecture qui nous pousse à aller entendre d’autres musiques, comme celle de Jasser Haj Youssef et de Vahid Taj. Le chanteur iranien qui chante le « Maqam Hijaz » le Hedjaz région ouest de l'Arabie Saoudite, celle de Djeddah, Médine et La Mecque. Le musicien qui l’accompagne, Jasser Haj Youssef, violoniste tunisien, joue de la viole d’amour, célèbre au XVIIIème s. en Europe (chez Vivaldi ou Haydn) transportée ici vers le répertoire classique et traditionnel oriental. « Résonance » titre du concert qu’il a capté aux Abbesses à Paris, en mars dernier.

Autre voix, et autre foi chantée cette-fois-ci du côté du Mali avec la griotte Kandia Kouyaté qui chante sa renaissance (titre de son album) après le temps où un AVC l’a coupé de la musique et des siens. Ici dans Sadjougoulé « La maladie » elle cite un verset du Coran sur la vie du prophète Job qui a survécu à la maladie, soutenu par une foi inébranlable.

On se quitte avec un chanteur qui trouva la foi lui en 1971, la foi en James Brown, du côté du Maroc : Fadoul. La réédition de son album Al Zman Saib (les temps sont durs) paraît chez Jakarta Records.

Extraits diffusés :

Jasser Haj Youssef et Vahid Taj « Maqam Hijaz » album : Resonance - Viola d'amore de (Théâtre de la ville - Institut Internation des arts)

Kandia Kouyaté « Sadjougoulé » album : Renascence (Sterns Africa)

Fadoul « Sid Redad » album : Al Zman Saib (Jakarta Records)

A lire : article de Luis Velasco Pufleau dans la revue Transposition: « Après les attaques terroristes de l’État islamique à Paris. Enquête sur les rapports entre musique, propagande et violence armée »

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