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If He Dies, If  If  If  If  If  If (label : Constellation)

Jerusalem In My Heart : tempête sonore

5 min
À retrouver dans l'émission

Entre Beyrouth et Montréal, bouzouki et musique électronique, suite du projet Jerusalem In My Heart, riche de sons d’images et de questions : « If He Dies, If If If If If If »

If He Dies, If  If  If  If  If  If (label : Constellation)
If He Dies, If If If If If If (label : Constellation)

Jerusalem In My Heart : c’était le titre d’un album de Fairuz sorti peu de temps après la guerre des Six Jours (en 1967) c’est aussi le titre  d’un projet mené par Radwan Ghazi Moumneh avec Charles-André Coderre. Le premier est libanais, le second canadien, le disque a été réalisé entre Beyrouth et Montréal, l'un chante, joue et compose tandis que l'autre réalise des images de pellicule affectée, pour le moins fantomatiques qu'il projette avec et sur la musique (il y a même des interactions entre le son des projecteurs et la musique).

À défaut des images, traduction des paroles : Al Affaq, Lau Mat, Lau Lau Lau « L’hypocrite, s’Il meurt, si, si si » le SI répété 6 fois, comme une suspension pour ouvrir l’album du même titre (If He Dies, If If If If If If) d’après l’auteur c’est un graffiti vu dans un immeuble de Beyrouth à moitié détruit à qui a inspiré ce titre.

«He / Lui, c’est celui qui nous opprime, le patriarche, le dictateur, celui qui jette de l’huile sur le feu, quel qu’il soit. Que se passerait-il s’il venait à disparaître? J’ignore la réponse. Ce qui compte, c’est d’ouvrir le champ des possibles » explique Radwan Ghazi Moumneh. Un champ des possibles qui s’ouvre dès lors que les sons se superposent et se transforment comme avec A Granular Buzuk

Le « Bouzouk granulaire » de Jerusalem In My Heart, musicien singulier qui, depuis ses débuts en 2005, aime à varier les performances, donne des concerts à chaque fois différents (impliquant de 2 à 24 personnes en fonction de la mise en scène choisie). Radwan Ghazi Moumneh a longtemps refusé d'enregistrer, de documenter son chant, c'est seulement son deuxième album en plus de dix ans.

(parenthèse : entre temps certains l’auront remarqué aux côtés des canadiens de SUUNS, associé aussi à la création du studio d'enregistrement Hotel2Tango, avec des groupes comme Godspeed You! Black Emperor et A Silver Mount Zion)

Moumneh crée là un mille-feuilles sonore qui superpose l’acoustique traditionnelle du bouzouki à des jeux de textures électroniques, parfois très, très saisissants, comme une tempête de saturation au milieu de l'album (Qala Li Kafa Kafa Kafa Kafa Kafa Kafa) tempête au milieu de laquelle va émerger très lentement (et provisoirement) un bouzouki en majesté.

Vers la fin du disque (Ah Ya Mal El Sham - Oh The Money of Syria) c'est entre les souffles conjugués, alternés, d'une flute et des échos de la voix que va se construire ce qu'il faut bien appeler une hypnose sonore. On se quitte sans sidération et plutôt avec une réflexion sur ce qu’est aujourd’hui une conquête, qu’est-ce qui est véritablement gagné ou perdu : Lau Ridyou Bil Hijaz ? –What If The Hijaz Were Enough ?

Extraits diffusés :

Al Affaq, Lau Mat, Lau Lau Lau Lau Lau Lau – The Hypocrite, If He Dies, If If If If If If

A Granular Buzuk

Lau Ridyou Bil Hijaz ? –What If The Hijaz Were Enough ?

If He Dies, If If If If If If (label Constellation)

concerts 2016 : samedi 20 février (Lyon), dimanche 21 février (Vendôme), mardi 23 février (Paris), mercredi 24 février (Rennes) vendredi 26 février (Mulhouse - Festival GéNéRiQ)

Chroniques

8H45
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