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Julia Holter, mystères d’une voix et d’écriture

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hHele Crédits : Radio France

Es-tu mythologique ? S’interroge Julia Holter dans la chanson qui ouvre son quatrième album « Have you in my wilderness » (formule poétique difficile à traduire : « As-tu dans mon désert, ma jungle » quelque chose comme ca).

L’auteur, c’est Julia Holter, 30 ans, établie à Los Angeles, elle rassemble ici clavecin, piano, clarinette, violoncelle, des chœurs, et ce qui apparaît presque comme une poésie cryptée (comme le souligne Agnès Gayraud dans Libération). Juste après ce qu’on vient d’entendre elle répète («il est impossible de savoir qui j’attends dans mon imperméable» - It’s impossible to see who I am waiting for in my raincoat), il sera aussi question d’une Lucette échouée sur une île ou encore de ce qui fut à l’origine de la peinture selon Pline l’ancien, une ombre dessinée sur le mur : Silhouette.

La voix enjôleuse de Julia Holter, qui au départ ne pensait jamais chanter, mais seulement composer... Une formation classique au piano d'abord, puis à l’Université où elle se plonge à la fois dans Beethoven et John Cage, Julia Holter compose seule, et c'est en essayant d'abord d’adapter des poèmes de Frank O’Hara en chansons, qu'elle écrit peu à peu pour elle-même et passe au chant. J'aurai pu dire au chœur puisque c'est aussi autour du Théâtre antique qu'elle compose deux de ses albums, avant ensuite de transposer Gigi, la nouvelle de Colette, dans un Los Angeles contemporain. N’allez pas croire pour autant que tout soit lisible ou calqué chez Julia Holter, l’album devient progressivement de plus en plus étrange, comme ici avec Vasquez, chanson inspirée de Tiburcio Vasquez, bandido célèbre dans l’histoire du far west et de la Californie… Et à défaut de connaître une telle postérité, la musique de Julia Holter agrège progressivement de plus en plus de monde, depuis sa parution à la rentrée (en septembre 2015) son album a été élu album de l'année par deux magazines anglais (Mojo et Uncut ajoutez les quotidiens The Times, le Guardian) et même le très sérieux Financial Times qui soulignait avec quelle finesse Julia Holter esquivait le schéma couplet-refrain au profit de ce qu'il faut appeler des mouvements, on se quitte donc en mouvement avec Everytime Boots et cette phrase cryptée encore : « je vais nulle part, vingt fois ».

Extraits diffusés :

Feel You

Silhouette

Vasquez

Everytime Boots

« Have you in my wilderness » (Domino)

concert : le 8 février 2016, New Morning, Paris

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