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The Life Of Pablo (GOOD – Def Jam)

Kanye West, une vie de Pablo

6 min
À retrouver dans l'émission

La sortie mouvementée et les propos de Kanye West feraient presque oublier le contenu de « The Life of Pablo » septième album à l’ambition aussi démesurée que ses moyens.

The Life Of Pablo (GOOD – Def Jam)
The Life Of Pablo (GOOD – Def Jam)

Il avait annoncé un disque de gospel et on est tenté d’y croire un instant avec une telle ouverture « Je ne faillirai jamais (…) ceci est un rêve divin, c'est tout à la fois » déclaration à la mesure de Kanye West, un producteur devenu chanteur dont le « régime d’existence déborde vastement le cadre de la musique » comme il a été dit (voir Elisabeth Franck-Dumas et Olivier Lamm dans Libération) : collections de mode, courts-métrages et vie publique livrée aux tabloïds, « bigger than life » comme on dit outre-Atlantique.

Il y a une semaine tout juste, Kanye West organisait une grande soirée au Madison Square Garden de New York pour découvrir à la fois sa nouvelle collection de vêtements (Yeezy season 3) et faire entendre enfin « The Life Of Pablo » un septième album qui a changé plusieurs fois de titres et de direction artistique, visiblement inachevé dans la mesure où il ne sortira jamais ailleurs que sur la plateforme Tidal, et que d'autres morceaux restent encore à paraître. Le titre (« The Life Of Pablo » ) en a fait hésiter plus d’un : s’agit-il de la vie de Pablo Picasso ou Pablo Escobar, à moins qu'il ne s'agisse de Saint-Paul qui sait ?

(Pour la vie et notamment les débuts de Kanye West, recommandons ici le long article dans le numéro #25 du quinzomadaire Society, il y est notamment question de la « Polaris School for Individual Education » où le place sa mère, choix d’éducation qui aura son importance)

Force est de reconnaître dans un album aussi riche que foutraque un sens évident du jeu avec les samples choisis, exemple ici dans Pt 2 : clin d’œil à Laurie Anderson, ou sample d’Arthur Russell, changements imprévisibles et goût de l’accumulation : comme plusieurs l’ont souligné, Kanye West apparait depuis quelques années comme un commissaire de sa propre exposition, un curator qui envisage son œuvre comme un assemblage de mots, d'influences, de vêtements, il est (comme l'a écrit Etienne Menu dans GQ) « le grand ensemblier, plutôt que l’artisan » de sa musique. Kanye West incarne à la fois le pire et le meilleur de l'Amérique (et peut-être de ce que représente l'Occident aux yeux des autres) : opulence et dépense, à la fois égocentrique et généreux, plein d'idéal et vide de sens à force de contradictions.

« My number one enemy has been my ego » twittait récemment le chanteur aux 19,2 millions d'abonnés (à noter un comportement à sens unique sur son compte à l’oiseau bleu : depuis son inscription en 2010 Kanye West a twitté 548 fois, ce qui est très peu sur cette durée, il n'a aimé qu'un seul message et ne suit qu’un seul autre compte, celui de son épouse Kim Kardashian). Un égo capable de phrases qui vous plongent dans des abymes de réflexion : "I wish I took my own virginity"  (@kanyewset)

Reste parmi tous les gestes forts de l’album (et malgré de mauvais moments comme Waves ou FML) ce final sublime « Fade » où pour la première fois Kanye West joue avec la House, et précisément celle de Chicago (la ville qui l’a vu naitre) et son classique « Mystery of Love ». Mystères de Kanye West.

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