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Novos Baianos, fini de pleurer

6 min
À retrouver dans l'émission

« Brasil Pandeiro », porte d’entrée percussive (puisque le pandeiro c’est le petit tambourin brésilien) dans ce disque des Novos Baianos, les nouveaux Bahianais paru en 1972. Alors certains se demanderont pourquoi parler d’un disque paru il y a plus de 40 ans : d’abord parce que le label anglais Mr Bongo a réédité l’année dernière ce que certains considèrent comme un sommet (les critiques brésiliens du magazine Rolling Stone l’ont élu meilleur album national de tous les temps) et parce que si vous tombez dessus en 2016, même après avoir déjà entendu Gilberto Gil, Gal Costa, ou Caetano Veloso, les Novos Baianos sont un choc de plus.

Novos Baianos
Novos Baianos Crédits : Radio France

Ce qui s’y passe apparaît toujours aussi capital, puisqu’il s’agit de mode vie, d’histoire et d’identité culturelle même.

Au début des années 70, Paulinho Boca de Cantor, Moraes Moreira, Baby Consuelo, Luiz Galvão vivent en communauté dans le quartier de Botafogo (à Rio). Comme João Gilberto, ces jeunes rockers hippies post-tropicalistes sont originaires de l’Etat de Bahia. Ils se lient d'amitié avec le père de la bossa-nova qui, à l’époque, revient du Mexique. Il devient à la fois leur ami et leur maitre, et alors qu'ils écoutaient surtout Jimi Hendrix et Janis Joplin, lui leur fait découvrir le répertoire brésilien, des maitres de la guitare, du craviola et du cavaquinho comme Waldir Azevedo ou Assis Valente, l'auteur justement de « Brasil Pandeiro », avec au fond une certaine idée de la fierté d’être brésilien. Et de ce que cela demande d’élever des enfants. « Acabou Chorare » est écrit au départ comme une berceuse par Luiz Galvão et Moraes Moreira qui élevaient leurs enfants au milieu des autres musiciens. Le titre vient directement de João Gilberto qui racontait que sa fille, Bebel, s’était montrée très courageuse déclarant « j’ai fini de pleurer » Acabou Chorare. Il faut voir le documentaire « Filhos de João » de Henrique Dantas qui raconte cette relation entre la communauté des hippies et le maitre de la bossa, leur passion pour ballon rond (certains le considéraient meilleurs footballeurs que musiciens). Enfin pour cette anecdote où l’un d'entre eux raconte que João Gilberto conduisait à l'oreille, grillant les feux rouges sans même regarder à gauche ou à droite, se fiant uniquement au son. On se fie pour finir à celui d’A Chor Do Som (le groupe de choro) qui jouait là de toutes les cordes, sensibles et virtuose à la fois.

Extraits diffusés :

Brasil Pandeiro

Swing De Campo Grande

Acabou Chorare

Um Bilhete P’ra Didi

Novos Baianos « Acabou Chorare » (Mr. Bongo)

A VOIR : Filhos de João - O Admiravel Mundo Novo Baiano – film de Henrique Dantas (2009)

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