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Pierre Boulez 1925-2016

5 min
À retrouver dans l'émission

« Etablir son langage et aller au devant de son temps... » les propos toujours contemporains de Pierre Boulez en 1958 dans « Les voix de l'avant-garde ». Le « vous n'êtes pas de cet avis ? » s’adresse ici à Darius Milhaud avec qui il dialoguait. Or, Pierre Boulez n’a pas toujours eu l’avis de tous : en France comme à l’étranger où il a beaucoup vécu (il est mort chez lui à Baden-Baden) Boulez a bousculé, provoqué, mérité des critiques mais sans doute acquis une place qu’aucun autre musicien français n’a eu depuis : en tant que compositeur, mais aussi comme chef d’orchestre, essayiste, il a remis en question le répertoire, la politique de programmation, les traditions orchestrales et l’aura même du maestro. Ce qui ne l’a pas empêché de remporter au passage 26 Grammy Awards. Boulez capable aussi d’être à la fois un patron d’institution (directeur de l’Ircam, de l’Ensemble intercontemporain, professeur au Collège de France) et de déclarer qu’il fallait « casser l’Opéra de Paris ». Les débats parfois très passionnés suscités par Boulez justifiaient peut-être de choisir cette œuvre titrée *Répons* (avec un s qu’on ne prononce pas) une œuvre du début des années 1980 où les musiciens sont placés au centre et le public autour, avec 6 solistes et un dispositif électronique qui réagit en temps réel à la musique. Boulez attaché au contemporain mais aussi à la poésie, celle de René Char (*Le Marteau sans maitre* ) de Mallarmé (*Pli selon Pli* ) ou André Breton (*Explosante/fixe* ) Boulez a beaucoup pensé aussi le rapport à la peinture, celle de Paul Klee notamment, mais aussi à l’architecture : comme il l’expliquait au micro de Cécile Gilly pour France Culture en 1994 (« la rigueur horizontale et l’anarchisme vertical » de New York). Paroles d’un homme qui a changé le visage de la musique en France et de notre architecture d’une certaine façon puisque la Philharmonie de Paris à la Cité de la Musique existe aussi grâce à lui. Pierre Boulez reste aussi lié à l’histoire du théâtre en France : aux côtés de Jean-Louis Barrault à ses débuts, il crée avec Patrice Chéreau un cycle du Ring entre 1976 et 80 qui vont marquer bien au-delà des amateurs de Wagner. On a longtemps interrogé Boulez sur son opéra jamais composé, il fit valoir qu’à chaque fois qu’il avait rencontré un écrivain pour entamer une collaboration, que ce soit Jean Genet ou Heiner Müller, chacun était mort avant que le projet de ne se concrétise, reste plusieurs œuvres pour voix, comme *Le Soleil des eaux* , sur des poèmes de René Char, encore. Enfin à propos de Boulez chef d’orchestre, comme le rappelle Renaud Machard dans le Monde, sa direction a parfois été qualifiée d’« analytique » ou « sèche », lui parlait de geste « géométrisé », se défendait de ceux qui l’accusaient d’être trop analytique : « Une interprétation n’est pas une démonstration, je ne suis pas un représentant en aspirateurs. Il faut commencer par avoir les idées claires. Ensuite, on est spontané. La vraie spontanéité vient après l’analyse ». Boulez à facettes comme l’avait titré France Musique : attaché à un répertoire au fond très précis : Bartók, Debussy, l’école de Vienne (Berg, Schoenberg notamment), Stravinsky et Ravel, l’orchestre de Cleveland et Ravel sous les mains nues de Pierre Boulez **Extraits des œuvres diffusées** : *Répons* de Pierre Boulez : Introduction *Amériques * d’Edgar Varèse *Le Soleil des eaux, Complainte du lézard amoureux* de Pierre Boulez *Pavane pour une infante défunte* de Maurice Ravel Plusieurs émissions seront consacrées à Pierre Boulez sur France Culture : La Dispute spéciale Pierre Boulez ce soir chez Arnaud Laporte à 21h, un « retour sur œuvre » dans la Grande Table de vendredi et Rediffusion la semaine prochaine des entretiens « A voix nue » de Pierre Boulez par Jean-Pierre Changeux (1995) A lire aussi le livre d’entretiens avec Véronique Puchala (co-édition France Culture – Symétrie)
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