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Shvedranne : dialogue, mystique et ruptures

6 min
À retrouver dans l'émission

« Gardez-vous des Atlas, méfiez vous des Sisyphes » qui a dit que les préventions sociales ne pouvaient pas aussi faire usage de mythologie ? Vous écoutez Shvedranne, projet entre poésie et musique electro, né du dialogue entre Gilles-Bernard Vachon et Antoine Colonna.

« Je pense donc je frappe » les mots et la voix sont ceux de Gilles-Bernard Vachon, associé à Antoine Colonna pour la musique. Deux parcours et deux générations qui dialoguent : d’un côté un musicien lyonnais (plutôt connu dans le monde de la musique électronique et dub) de l’autre un ancien professeur, le traducteur et poète Gilles-Bernard Vachon.

C’est toute l’imbrication d’une vie et d’une pensée par la poésie que l’on écoute à l’œuvre dans Shvedranne : né en 1942, après des études en Angleterre et en Allemagne, Gilles-Bernard Vachon fait une carrière d’enseignant, surtout à l'étranger (il raconte avoir voulu s'éloigner de la France au moment de la guerre d'Algérie) a vécu au Brésil, au Danemark et en Tunisie, un temps alphabétiseur de travailleurs immigrés puis professeur de lettres au lycée international Stendhal de Grenoble. Citons les dernières lignes de cette riche biographie : « cofondateur de la Maison de la poésie Rhônes-Alpes à Saint Martin d’Hyères en 1985 (et traducteur de Jack Hirschman, figure contestataire, a beaucoup décrit les rues de San Francisco. A lire : Arcanes, Je suis assassiné : Poèmes, J'ai su que j'avais un frère - Ed. Le Temps des cerises) il enseigne actuellement le yoga et le sanskrit, écrit et jardine »

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Et de fait on voyage beaucoup à suivre la pensée de Gilles-Bernard Vachon qui raconte ici son enfance et son rapport à Paris (dans La Litanie du goudron il évoque la rue de Clignancourt, le Marcadet Palace, le balayeur venu des Antilles, la concierge collabo, vingt ans de voyages, les caves noires, le souvenir de la Commune de 1871) évoque aussi Alger (« Tu n'étais pas blanche au temps où je t'ai vu, avec tes pilotis d'hémoglobine séchée ») ou encore Amerigo Vespucci, s'adressant à l'âme de « l'explorêveur ». Le propos se fait souvent critique comme dans Haïti où il s’interroge « Quelles leçons de l'Histoire ? Quelles leçons de nos vies ? (...) Vous voulez que je respire la poésie d'aujourd'hui ? Venez respirer l'odeur du sang des esclaves noirs » (…) Il n'est pas facile d'être un blanc libre aujourd'hui, sur les traces des négriers nantais, d'être un poète formaliste qui torture le langage par plaisir, quel compatriote a déjà torturé ici ses esclaves africains ? »

La sélection des textes, l’enregistrement de la voix ont précédé la composition, ce qui fait que la musique épouse le rythme intrinsèque de la lecture, joue sur ses tensions. Sur scène la présence de Gilles-Bernard Vachon se fait au travers de vidéos projetées à différents endroits de la scène, son visage, son corps de multiplient, il marche et évolue autour du DJ et du batteur, et s’instaure tout un jeu entre ce corps fantomatique et l'incarnation de la parole. Le tout en costume d'enseignant de yoga, tout de blanc avec calot et collier. Gilles évoque aussi sa vie à Grenoble, son rapport à ses semblables. Stupeur et tremblement.

Extraits diffusés :

Athènes ?

Canto Salgrado

Stupeur et tremblement

Shvedranne « Athènes ? » (Salamah)

concerts : 11 mars Chambéry (festival Modulations) / 17 mars Lyon (les Chants de mars) / Paris 7 avril 2016(Le Zèbre)

Chroniques

8H45
4 min

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