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I Fagiolini « Amuse-Bouche, French Choral Dedicacies » (Decca)

Amuse-Bouche : un certain goût français

5 min
À retrouver dans l'émission

L’ensemble vocal anglais I Fagiolini, habitué au madrigal comme au pièces du XVIIème consacre un enregistrement au répertoire français (entre 1889-1952) où Ravel, Satie et Poulenc encadrent un menu plus rare, du paillard au sublime.

I Fagiolini « Amuse-Bouche, French Choral Dedicacies » (Decca)
I Fagiolini « Amuse-Bouche, French Choral Dedicacies » (Decca)

« Je ne veux pas travailler — je veux fumer » : extrait du guetteur mélancolique Apollinaire qui inspira non seulement Pink Martini mais avant eux Francis Poulenc, un Hôtel servi comme un Amuse-Bouche pour ce disque du même titre signé de l’ensemble Anglais I Fagiolini (les petits haricots en italien). Je ne sais pas si c’est déjà la fin mais un ensemble choral anglais qui rend hommage au répertoire français en plein « brexit », savourons.

D’autant que le programme conçu par le chef et chanteur Robert Hollingworth (francophile confirmé, il a même épousé une française) a tout pour séduire par le seul menu : Sept chansons de Poulenc, deux poèmes de Darius Milhaud, des Gnossiennes d’Erik Satie… le premier plat de résistance est signé Jean Françaix auteur d’une Ode à la Gastronomie, de Jean Anthelme Brillat-Savarin (1825) détourné dans une parodie un rien scabreuse : « La Physiologie du goût »

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La musique elle date de 1950 mais visiblement personne n’avait songé jusqu’ici à enregistrer ce panégyrique un rien érotique et très Françaix des plaisirs liés aux métiers de bouche. Vous noterez cet adage un peu plus loin « Tous oubliez la politique, qui trouble la digestion ».

Le plat suivant du menu d’I Fagiolini est lui aussi écrit pour douze voix, mais le sujet est tout autre : Le Cantique des Cantiques sur une composition de Jean-Yves Daniel-Lesur. Au hasard écoutez « La voix du Bien-Aimé »…

Robert Hollingworth le chef et chanteur d’I Fagiolini fait remarquer ici que « comme lorsqu’on écoute la polyphonie de la Renaissance, l’oreille est récompensée en écoutant le milieu du tableau sonore ; et de plus en plus de choses se matérialisent avec des auditions répétées ». Vous me direz si vous le vérifiez à la réécoute, on se quitte comme on a débuté, avec un poème, cette fois-ci de Paul Éluard, lui aussi souvent repris, par morceaux : « À peine défigurée ».

I Fagiolini « Amuse-Bouche, French Choral Dedicacies » (Decca)

Extraits diffusés :

  1. Francis Poulenc : Hôtel (Banalités No.2)
  2. Jean Françaix : Ode à la Gastronomie « La Physiologie du goût »
  3. Jean-Yves Daniel-Lesur : Le Cantique des Cantiques « La Voix du Bien-Aimé »
  4. Francis Poulenc : Sept Chansons « A peine défigurée »

I Fagiolini « Amuse-Bouche, French Choral Dedicacies » (Decca)

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