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Arltillerie et deablerie : ARLT

5 min
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« Nue comme la main » ou le concentré d’une œuvre d’Arlt en trois minutes trente neuf.

Eloïse Decazes et Florian Caschera alias Sing Sing forment ensemble Arlt. Ecrivez ARLT par ce que vous êtes sûr « de déraper en le disant », Arlt peut-être aussi parce que c’est un romancier argentin, Roberto Arlt, que les lecteurs de Borgès et Cortázar connaissent probablement. Arlt qui publie leur quatrième album : Deablerie, ici en version duo augmenté, bien entouré dumoins, avec notamment Thomas Bonvalet qui joue d’un peu de tout mais très bien, et d’un certain Mocke à la guitare (que certains ont peut-être entendu en orfèvre des groupes Midget et Holden) dont on écoute les lignes brisées…

Equilibre et rupture, décollages et jeux de contrastes : ARLT organise sa musique par les contraires, entre ce qu’ils appellent une voix de terre et une voix d'eau, un groupe qui produit finalement tous les oxymores : austérité flamboyante, sophistication primitive et humour triste. Souci des sons mais aussi des mots mis en évidence ici, pour un groupe dont la première parution s'appelait justement « La Langue ». Comme le confiait Sing Sing à Libération à propos de ses textes « je les considère moins comme de la poésie, ou je sais pas quoi, que comme des riffs de langage à répéter ».

Un « piège à loups » ouvre et referme l’album, il est ensuite question de Diable, de Rhubarbe, d’Enterrement, De Plein fouet (on pourrait presque dans le désordre en faire des phrases) suivent Le Cancer, Nous taire un peu. Après enquête il semble que le mot du titre « deablarie » soit issu du vieux français et plus précisément du Livre de la deablerie d'Eloy d'Amerval, publié en 1508, où un « prestre plain de prudence » averti le lecteur à propos du rôle que joue le diable dans le monde. Conversations entre diables rapportées qui sont autant d'occasion de décrire le monde et la société qui entoure l'auteur. Sans préjuger de la volonté morale de ce disque, on dira à propos de sa musique ce que Sing Sing a dit de musiciens qu’il admire et côtoie, qu’elle a « le grand orgueil des fauves et la belle humilité des gueux ».

Extraits diffusés :

Nue comme la main

Les Oiseaux

Grande fille

Deableries (Almost Music)

http://www.arltmusic.com/

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