LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Bachar Mar Khalifé : père, fils et mystique

6 min
À retrouver dans l'émission

couv
couv

« Oh Seigneur, cela fait cent années / de jeûne et de prière / épargne-moi / mon chant est pour toi / mon silence est pour toi / j'ai cru j'ai lutté / épargne-moi /et accorde-moi cette dernière requête / épargne-nous / et laisse nous tranquille »

Un Kyrie Eleison de rupture pour ouvrir l’album de Bachar Mar-Khalifé, un homme qui se présente en se couvrant les yeux de la main (tel qu’on le voit sur la photo de couverture).

« J’ai tout d’un croyant mais je n’aime pas Dieu » nous dit Bachar Mar-Khalifé, pianiste et percussionniste de formation classique qui aime improviser en jazz, travailler avec des machines aussi bien qu’avec l’acoustique d’un clavecin non tempéré. Paradoxal ou versatile ? partagé plutôt. Pour ce disque « Ya Balad » (qu’on pourrait traduire « Ô mon Pays ») la musique se concentre autour d’une nostalgie qui prend toutes les formes possibles, depuis la prière jusqu'à la berceuse, et même reggae (Balcoon).

« Ya Balad » grand mezzé sonore où Bachar Mar Khalifé renoue avec le Liban où il est né en 1983, et a vécu jusqu'à ses six ans avant de suivre ses parents pour la France. Le Liban en guerre devenu un pays lointain et imaginaire, fait d'impressions d'enfants. Fils d'un compositeur et joueur d'oud célèbre au Liban comme en Palestine, Bachar a ajouté « Mar » ou ‘le Saint’ à son nom, comme par provocation, et peut-être par besoin de se détacher de celui de son père, Marcel Khalifé. A noter ici l’apparition (au centre et à la fin) de deux berceuses anciennes : « Dors mon gâs » de Théodore Botrel, et celle-ci (un temps chantée par Fairuz) « Dors, dors petite, je t’attraperai une colombe ». La voix de la comédienne Golshifteh Farahani pour « Yalla Tnam », seule invitée de cet album où Bachar Mar Khalifé joue surtout en trio mais aussi en famille : on retrouve côtes à côtes une composition de son frère Rami, et une autre de son père, Marcel Khalifé. Sur cette dernière composition, Bachar ajoute une prière du poète iranien Saadi Yousef « Madonna », (goût de la poésie affirmé après avoir déjà composé sur les vers d’Ibrahim Qashoush). La musique la plus vive est celle co-signée avec sa mère Yolla Khalifé, Lemon. Citron parfait.

Bachar Mar–Khalifé « Ya Balad » (InFiné)

Extraits diffusés :

Kyrie Eleison

Balcoon

Yalla Tnam Nada (avec Goldshifteh Farahani)

Lemon

Bachar Mar –Khalifé « Ya Ballad » (InFiné)

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......