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Bertrand Belin écrit comme il chante : grave

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Bertrand Belin écrit comme il chante
Bertrand Belin écrit comme il chante Crédits : Radio France

Une chanson comme un mensonge qui dit toujours la vérité, vous écoutez « Que tu dis » et la voix grave de Bertrand Belin. Bonne entrée matière cette question de la vérité que l’on dit ou ne dit pas, avec une chanson. C’est là le point de départ du cinquième album de Bertrand Belin, qui vient de paraître sous le titre « Cap Waller ».
Aucun rapport avec Fats du même nom mais plutôt lié, apprend-on dans le portrait que lui consacre Libération, à un chanteur folk de Sheffield. Le défunt Hugh Waller, auteur de « chansons ouvrières à la Dickens » selon l’expression de Bertrand Belin, serait le mot de passe, celui de la transition faite ici.

Et oui le cap ce n'est pas que la direction mais aussi le repère à passer. Le chanteur originaire de Quiberon parle souvent de la mer, ou de l’élément liquide, et vous voici dès la plage deux, sous la pluie, une pluine même, folle folle folle….

La nature, ses éléments et l’eau surtout qui reviennent beaucoup, abscisses et ordonnées d’une écriture précise. Bertrand Belin qui trouve au passage toujours de beaux titres à ses chansons ou à ses disques; il y avait eu Hypernuit, ou La perdue, ici des chansons s’appellent Altesse, Soldat, ou encore Le Mot Juste, ce qui tombe bien. A propos qui est aussi celui d’un écrivain puisqu’il publiait cette année son premier roman : Requin (au singulier, édité chez P.O.L). Il y était question d’une noyade ou plutôt d’un noyé qui se débat. Analyse et combat qui peut-être physique ou intérieur chez Belin (comme dans le titre Je parle en fou) mais d’où vient la rumeur dit-il plus loin, réponse : Entre les ifs.

Il y a un peu plus de pulsion que d’habitude chez Bertrand Belin, dans ce nouvel album Cap Waller, besoin « de physicalité » comme il le dit peut-être. Belin « torero du sentimentalisme en descendance de Bashung et Manset » comme l'écrit Sabrina Champenois dans son portrait pour Libération, pas faux (on pencherait plutôt pour une paternité entre Stuart Staples (Tindersticks) et Jean-Louis Murat pour une certaine qualité d'écriture, avec cependant une différence assez nette de traitement dans la voix)

Mais au jeu des ressemblances ou des descendances Belin écrit cette jolie parade : « tu te retourneras, et ce ne sera pas toi ».

Extraits diffusés :

Que tu dis

Folle Folle Folle

Entre les ifs

Au jour le jour

Cap Waller (Cinq 7 - Wagram)

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