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The woman at the end of the world (A mulher do fim do mundo) Mais Um Discos

Elza Soares : Sexe et noirceur

5 min
À retrouver dans l'émission

A 78 ans, la star de la samba publie « A Mulher da Fim do Mundo » (la femme de la fin du monde) portrait sans fard d’une chanteuse au timbre rauque et au propos direct.

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« Sexe et noirceur » c'est ainsi qu'Elza Soares définit le contenu et la tonalité de l'album qu'elle publie à 78 ans passés, A Mulher da Fim do Mundo : La Femme de la Fin du Monde. Un titre qu’on est tenté de lire comme un portrait écrit pour une chanteuse au parcours hors du commun, aussi tranchante que son timbre.

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L’album commence par une lecture à voix nue, sans effets, d’un poème d’Oswald de Andrade (Coração do mar) qui évoque l’esclavage, aux racines du Brésil. Au moment où le pays s'apprête à accueillir les Jeux Olympiques d'été, l’album d’Elza Soares apparaît comme la carte postale crue du pays. Elle y parle de racisme, de violence, ne cache rien de ce qu'elle sait de l'addiction aux drogues comme du sexe (il faut entendre la déclaration fulgurante de Pra Fuder - pour baiser – affirmation punk du désir féminin) il est aussi question du réchauffement climatique, le tout dans une musique écrite et composée sur-mesure, par des figures de la scène actuelle de São Paulo (Marcelo Cabral, Kiko Dinucci, Rodrigo Campos entre autres) qui mélangent samba, rock, free jazz, grand mix contemporain.

Ecoutez par exemple Maria da Vila Matilde : récit des violences conjugale, probablement inspiré de « la Loi Maria da Penha sur la violence domestique et familiale », loi de 2006 qui ne saurait faire oublier que les violences faites aux femmes continuent aussi au Brésil comme le rappelait un fait divers récent à Rio

On pourrait sans difficulté faire un roman de la vie d’Elza Soares : elle qui, dans les années 60 introduit un timbre rauque dans la samba, ceci avant d’entendre et d’impressionner Louis Armstrong en personne (qui l’appelle « ma fille »). Physiquement transformée par différentes opérations de chirurgie esthétique, elle incarne à la fois les victoires et les échecs d'une classe souvent refoulée au Brésil. Née dans une favela de Rio, mariée de force à 12 ans, elle se fait connaitre comme chanteuse par un radio-crochet à l'âge de 16 ans, à 21 ans elle est déjà veuve et mère trois enfants (ou cinq les informations sont floues), en 1966 sa relation avec le footballeur Garrincha fera les choux gras de la presse à scandale. Tous deux sont expulsés du Brésil en 1969 par le régime militaire, elle perdra son fils de 10 ans dans un accident, trois ans après la disparition de Garrincha, mort des suites d'une cirrhose… « E a life, meu irmão» c’est la vie, mon frère chante-t-elle en duo avec Rodrigo Campos dans « Firmeza ». Une vie et une voix pleine de sexe et de noirceur, ma soeur.

Extraits diffusés :

  1. Coração do mar / Mulher do fim do mundo
  2. Maria da Vila Matilde
  3. Firmeza

Elza Soares : The woman at the end of the world (A mulher do fim do mundo) label : Mais Um Discos

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