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“The Diary” J Dilla (Pay Jay)

J DILLA : The Diary ou le beat retrouvé.

5 min
À retrouver dans l'émission

10 ans tout juste après la disparition d’un des producteurs les plus influents du hip-hop américain, paraît The Diary, où l’on découvre le talent de rappeur de Jay Dee.

“The Diary” J Dilla (Pay Jay)
“The Diary” J Dilla (Pay Jay)

Dilla Dog entendez Jay Dee l’alias d’un des plus fameux producteurs de hip-hop américain, James Dewitt Yancey, alias J Dilla, originaire de Detroit (la ville ici célébrée dans The Anthem avec Frank & Dank) et disparu à Los Angeles, d'une maladie du sang, il y a dix ans tout juste (2006). Musique posthume donc venue d’un producteur qui à 32 ans avait déjà marqué le cours de la musique rap, collaborant avec des chanteuses de R&B comme Janet Jackson et Erykah Badu, avec De La Soul, Busta Rhymes, et surtout avec son groupe Slum Village.

Série de nom qui n’a de sens que pour ceux qui s’intéressent à la musique noire américaine du milieu des années 90 début 2000, moment où le rap influe progressivement sur toutes les autres musiques, du rock au jazz. En plus du sommet « Donuts » il faut se reporter à l’album « Welcome 2 Detroit » pour en prendre la mesure, 15 ans après. Jay Dee appartient à la seconde génération du hip-hop, à celle qui est née avec le courant et qui a lu les romans noirs d’Iceberg Slim. Le titre final de cet album posthume The Diary s’inscrit dans cette veine :

« Je viens d'une longue lignée de maquereaux, d'arnaqueurs, de soldats et de durs, dans un endroit où les hommes ne pouvaient pas trouver de travail mais trouvaient des armes. Je trainais en soirée à l'âge de six ans et mon oncle, lui, restait dans le grenier à faire des scratches, je me revois en train de compter, d'écouter à ses côtés... voilà le journal de J Dilla » (traduction approximative)

Récit incomplet – par définition- puisqu’il est probable que la mère de Jay Dee, ancienne chanteuse d’opéra, et son père bassiste de jazz auront influencé l’oreille du jeune musicien.

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Drive Me Wild, érotique de la voiture par J Dilla

Si métaphore automobile dans une chanson d’amour a quelque chose du topos, il n’en va pas de même pour les productions de J Dilla, reconnaissables à son art du sample et un sens du rythme aussi inattendu que peaufiné.

Toujours est-il que cet album posthume (aux airs de classique) signé J Dilla « The Diary » porte en lui son propre journal, celui d’une genèse retardée : prévu pour avril 2002, reporté suite à différentes complications entre Jay Dee et son label mais aussi à cause des difficultés de samples et de droits ("clearing" en anglais). Il a fallu à Eothen "Egon" Alapatt, ex-manager du label Stones Throw (voir ici aussi) réunir les archives, convertir les formats numériques obsolètes puis recruter des producteurs tels que Madlib et Pete Rock (proches de Jay Dee) afin de produire certains éléments manquants.

On se quitte avec une flute et un hommage appuyé au groupe Niggers With Attitude et ce titre « Fuck The Police » précédé de cette mention légale paradoxale au regard de ce qui va suivre : « les points de vues exprimés ici ne reflètent que l’opinion de l’artiste et n’encouragent en rien, ni ne ferment les yeux sur les violences faites aux officiers… ». (Re)sentiment toujours vif.

Extraits diffusés :

  • The Anthem (feat. Frank & Dank)
  • Drive Me Wild
  • Fuck the Police

“The Diary” J Dilla (Pay Jay)

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