LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Morituri (PIAS) ©Frank Loriou

Jean-Louis Murat (tout contre) Ceux qui vont mourir

5 min
À retrouver dans l'émission

Nouvelle récolte et caractère toujours cru de Jean-Louis Murat « French Lynx » qui signe avec « Morituri » comme une méditation sur l’année 2015.

Morituri (PIAS) ©Frank Loriou
Morituri (PIAS) ©Frank Loriou

Dans la vie d’ici, le « french lynx » Jean-Louis Murat toujours sauvage et régulier qui publie un nouvel enregistrement de chansons (à chaque année sa récolte). Textes à l’évidence plus littéraire que directe, limite sibyllins : « Tu rumines au sextant Tu te crois indigène, Mais tout est éboulis, File chanter dans la plaine ». Et comme souvent chez Murat, les chansons ont leur topographie : pas seulement en Auvergne puisqu'il se méfie du côté « chanteur AOC », (enfin il y a du terroir un peu quand même notamment dans une hécatombe à la campagne : « Tous mourus ») sont évoqués ailleurs le Tarn-et-Garonne, Corée du Nord, Bangladesh et Açores dans « La Pharmacienne d'Yvetot » (en Seine Maritime).

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Côté artisanat ou fabrique pour cet album un peu « jazzy » Jean-Louis Murat a souhaité travailler avec des musiciens qui cette fois-ci « se situent en dehors des frontières de l'amateurisme du rock à la française ». The Delano Orchestra et ses collaborateurs précédents apprécieront sans doute cette nouvelle amabilité. Sont choisis ici Gaël Rakotondrabe (collaborateur d’Antony & The Johnsons, Coco Rosie…) aux claviers, Chris Thomas à la basse (Daniel Lanois, Macy Gray) et Stéphane Reynaud à la batterie. Élégance sans nouveauté pourtant : « Tran-Et-Garonne » rejoue sur le sol rythmique de « Foule Romaine » (album Le Moujik et sa femme 2002), tandis que « La Chanson du cavalier » rappelle beaucoup le refrain de des « Voyageurs perdus » (album Tristan 2008).

Morituri « Ceux qui vont mourir »

La formule latine choisie pour un album sans doute marqué par les deuils successifs de l’année 2015. Comme souvent Murat prend à contrepied dans les interviews, se méfie de la sensibilité collective et se dit « ni Charlie, Ni Bataclan. Trop tard pour être Jean Moulin » Sans qu’il y soit fait référence directement, et même si ces paroles ont été écrites avant le 13 novembre, difficile de ne pas entendre certaines paroles comme des évocations « Sur la terrasse, Sous les cimes, à l'heure où le festin se termine, Satan est heureux il a régalé ses convives ».

La mort toujours présente chez Jean-Louis Murat, qui déjà pour son premier 45 tours déclarait au moment de l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir « Suicidez-vous le peuple est mort » (1981). Et de peuple il est encore question ici avec « Frankie », qui ne parle pas forcément de Sinatra comme on aurait pu le croire mais selon Murat du peuple Franc « Que n'aurais-je pas fait pour un mot de langue française? » déclare-t-il au magazine Magic. On cite alors ces mots de la dernière chanson : « C'est quoi le cafard, c'est comme un buvard qui te boit la joie, te prépare au pire ».

Jean-Louis Murat - photo ©Frank Loriou
Jean-Louis Murat - photo ©Frank Loriou

Extraits diffusés :

French Lynx

Tous Mourus

Morituri

Murat « Morituri » (Scarlett / PIAS)

L'équipe
Production
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......