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L’amore Innamorato : Christina Pluhar swingue avec Cavalli

5 min
À retrouver dans l'émission

L’amore Innamorato : Christina Pluhar swingue avec Cavalli
L’amore Innamorato : Christina Pluhar swingue avec Cavalli Crédits : Radio France

« Aux ruines de mon royaume je survis donc anéantie et j’en viens à considérer mes larmes comme les témoins triviaux de ma souffrance » se lamente d’Hécube, la reine déchue des Troyens dans l’opéra La Didone de Francesco Cavalli.

Vous voici en plein Seicento, à Venise, Cavalli (1602-1676) disciple de Monteverdi, très populaire de son vivant, a du écrire plus de trente opéras, dont certains sont perdus comme celui qui donne le titre à ce programme L’Amore innamorato.

Aux commandes ici l’autrichienne Christina Pluhar qui joue théorbe et harpe, elle fête cette année les 15 ans de son ensemble l’Arpegiatta, connu pour son répertoire très chamaré et curieux : celui qu’on jouait en Europe au XVIIème s. surtout mais aussi celui d’Amérique du Sud, de Méditerrané. On y joue aussi bien Purcell que des tarentelles… tout un jeu entre les traditions populaires de l’époque et la musique classique.

Si elle est fidèle aux conventions baroques, Christina Pluhar aimer étoffer : là où la partition originale comprend seulement une ligne vocale, un continuo et quelques indications, vous entendez ici cordes, vents, percussions, clavecin, cornet à bouquin (sans rapport avec les livres : bouquin vient de bocca en italien, de l’embouchure, un cuivre en forme courbée, forme de serpent). Ecoutez ici Ninfa bella et l’apparition d’un orgue venu d’ailleurs…

La démarche de Christine Pluhar et de son ensemble a ceci de passionnant qu’elle questionne sans cesse l’interprétation : est-ce qu’on est bien sûr de jouer, de chanter comme on le faisait au XVIIème ? Et d’accorder, comme il se faisait à l’époque, une part d’improvisation aux interprètes (à condition d’être fidèle aux formes, au style) de laisser advenir un certain swing, qui se trouvait déjà dans la partition. Ecoutez pour finir l’aria du jeune Nerillo à propos de Venise : « Quelle ville, quels mœurs, quels gens effrontés et insolents : chacun en a contre moi, en geste et en mots ». La sérénissime renait là, devant vous.

Extraits diffusés :

« Alle ruine del mio regno » La Didone

« Ninfa bella » La Calisto

« Che città » L'Ormindo

Francesco Cavalli - L’Arpeggiata et Christina Pluhar « L’Amore innamorato » (Erato)

Festival Arpeggiata : 14 et 15 novembre 2015 Salle Gaveau à Paris

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