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La Belle époque – Saint-Saëns, Samazeuilh (label Fondamenta)

La Belle époque, féminin singulier

5 min
À retrouver dans l'émission

Dans un programme partagé entre Saint-Saëns et le moins connu Gustave Samazeuilh, Marianne Piketty (violon), Dana Ciocarlie (piano) et Magali Léger (soprane) restituent le parfum subtil d’une certaine image de la féminité.

La Belle époque – Saint-Saëns, Samazeuilh (label Fondamenta)
La Belle époque – Saint-Saëns, Samazeuilh (label Fondamenta) Crédits : Photo : Bernard Martinez

« Violons dans le soir » de Camille Saint-Saëns, ouverture pleine d’intensité pour ce programme intitulé La Belle Epoque. Situons en gros : autour de 1900, l’essor de l’Art nouveau, le goût des estampes japonaises, la gloire de Sarah Bernhardt, accompagnent l’essor économique en Europe. Au violon, Marianne Piketty, au piano, Dana Ciocarlie, et c’est la soprane Magali Léger qui dit les mots de la Comtesse de Noailles. Un texte tiré des Éblouissements (paru en 1907), plein de fièvre et qui visiblement ne parle pas que de violon :

« Archets, soyez maudits pour vos brûlants accords, Pour votre âme explosive, Fers rouges qui dans l'ombre arrachez à nos corps Des lambeaux de chair vive ! »

Comme le souligne le livret, on devine que de telle images ont du enflammer l’imagination de Saint-Saëns, à l’époque sexagénaire. Camille Saint-Saëns qui, s’il fait les délices de la fin du siècle et inspire même à Marcel Proust la « petite phrase » de la sonate de Vinteuil, appartient d’une certaine façon déjà à un temps révolu, à une forme de classicisme que Ravel, Debussy et d’autres viennent bouleverser.

Parmi la jeune génération, le compositeur (et plus tard critique et figure de la vie musicale) Gustave Samazeuilh (1877-1967) ici à l’honneur dans le programme de ce disque avec notamment cette « Fantaisie Elégiaque » où brille le violon de Marianne Piketty.

Un disque où ses trois interprètes redonnent vie à toute une représentation de la femme : sensuelle et mystérieuse, servie d’arabesques, entourée sinon fondue dans un univers végétal aux formes graciles parfois vénéneuses. Il y a beaucoup d’inquiétude chez le poète Maurice Maeterlinck pour lequel Samazeuilh compose ces Chasses Lasses :

  • J'entrevois d'immobiles chasses,
  • Sous les fouets bleus des souvenirs,
  • Et les chiens secrets des désirs,
  • Passent le long des pistes lasses…
  • A travers de tièdes forêts,
  • Je vois les meutes de mes songes,
  • Et vers les cerfs blancs des mensonges,
  • Les jaunes flèches des regrets.

Extraits diffusés :

  1. Camille Saint-Saëns « Violons dans le soir »
  2. Gustave Samazeuilh « Fantaisie Elégiaque pour violon et piano »
  3. Gustave Samazeuilh « Chasses lasses » (tirée des 4 Mélodies)

La Belle époque – Saint-Saëns, Samazeuilh (label Fondamenta)

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