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Hyperculte (photo Diego Sanchez)

Hyperculte, duo sauvage de tout poil

5 min
À retrouver dans l'émission

Le duo genevois s’inspire librement de Tzara, Shakespeare ou Brigitte Fontaine pour organiser de véritables machines à danser (et à penser).

Hyperculte (photo Diego Sanchez)
Hyperculte (photo Diego Sanchez)

« Je ne veux pas me résigner» - qui pourrait être un commentaire partagé par chacun des interlocuteurs de ce matin – message tout contemporain signé du duo genevois Hyperculte, librement inspiré ici de Tristan Tzara et La tête dans le sac.

Hyperculte ce sont Vincent Bertholet, contrebassiste franco-suisse et cheville ouvrière de l’Orchestre tout puissant Marcel Duchamp (à découvrir absolument ici) à ses côtés, Simone Aubert, batteuse venue elle d’un groupe au nom tout aussi tranché : Massicot.

Lui joue des boucles de sa contrebasse, tandis qu’elle orchestre la pulsion d’ensemble. Chacun chante et adapte pour les textes des sources diverses : Tristan Tzara, Brigitte Fontaine ou encore Douglas Adam (auteur du Guide du voyageur galactique), pour le dernier titre de l’album intitulé Le Feu : « J’ai envie d’y foutre le feu » répété quatre fois (douze même dans la version ci-dessous) « L’univers réel a disparu en se cabrant horriblement (…) et c’est dans le soucis de ne contribuer en aucune manière à l’aggravation de la situation que les faits suivants vont, sans plus attendre se voir dévoiler : Nous sommes tout cela ensemble, Nous sommes tous là, ensemble ».

Si le champ musical est simple chez Hyperculte, il n’en est pas moins étendu, (à la fois punk, nourri d'enregistrements folk, de transe chamanique mais aussi d'expérimentations minimalistes) exploitation d’une simplicité qui est un peu à l’image du choix des titres : Choléra, Résigné, Le Feu, Caillou mais aussi Bataille « Tu as devant toi un champ de bataille, rions noir rions noir »

Hyperculte, aussi à l’image de sa pochette…

Photographie diapositive qui a fait l’objet d’un article à elle seule récemment dans Libération. Une image signée du photographe Diego Sanchez qui saisit les deux musiciens au bord d’un lac, à l’heure où le jour se lève. Simone Aubert et Vincent Bertholet portent des costumes en peau de bête (on devine l’ours, le loup ou la chèvre) des silhouettes qui évoquent le sauvage (Les Crabes chanté dans le premier titre « Tu n’es pas si malade, mais seulement très sauvage, si tu manques de courage, en manque pas le saccage (…) ancre-toi dans tes rêves, la vie sauvage »). Costumes de chamane ou de folklore qui s’inspirent en fait d’une tradition paysanne suisse, présentée par Charles Fréger dans sa série Wilder Mann, ils incarnent selon Diego Sanchez « la relation libre du fantasme humain avec le monde animal ». Autre inspiration sauvage, William Shakespeare pour Le Tyran, et comme il est répété frénétiquement : ca galope.

extraits diffusés :

  1. Résigné
  2. Bataille
  3. Le Tyran

Album : Hyperculte (Bongo Joe)

https://hyperculte.bandcamp.com/

Chroniques

8H45
6 min

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