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Laissez vous tenter par J.C. Satàn

5 min
À retrouver dans l'émission

JC satan2
JC satan2 Crédits : Radio France

Et si J.C. Satàn était une revanche de plus sur Boris Vian ? L’auteur de l’Ecume des jours, et J’irai cracher sur vos tombes ne croyait pas au rock, qu’il jugeait binaire, et ne voulut écrire dans cette veine que pour en faire des parodies comiques (genre Rock’n roll Mops). Vous ne riez plus si vous avez déjà vu J.C. Satàn sur scène ou que vous découvrez leur nouvel album. Derrière ce nom à peine provocateur apparaît un groupe qu'on situera entre Bordeaux et Turin, né la rencontre entre Arthur Larregle et Paula Scassa. Lui joue dans une petite dizaine de groupes de la région bordelaise, elle, est argentine, italienne d'adoption c'est elle qui écrit les chansons, mais lui qui compose leur structure.

Tout est enregistré par eux deux au départ mais le reste du groupe (il y en a encore trois autres, homme et femmes français et italiens encore) s’approprie ensuite les morceaux pour les faire évoluer sur scène. D’où l’impression permanente de dialogue, entre les voix et les états de leur musique, enregistrée ou interprétée, très grave ou plutôt au second degré, ce qui explique peut-être le titre suivant : Don't Joke with the people you don't know

J.C. Satàn réussit visiblement à faire en grand ce qui n’existe qu’en rapport intime. Un groupe de cave qui joue désormais partout en Europe, parfois sur de grandes scènes, conservant toujours une manière et un son resserrés, directs, peu lissés. Et l’on retrouve cette approche dans l’écriture de Paula Scassa, la chanteuse, qui est aussi cuisinière confirmée (visiblement son restaurant la préoccupe autant que sa musique) : elle lie à la fois ses lectures, sa vie privée et son goût pour le moyen-âge. Ce qui donne une chanson sur son chat (Ingrid), ou encore Dialog with Mars.

Particularité (découverte en lisant le très large entretien accordé à NOISE http://www.noisemag.net/) elle écrit tout en italien et traduit littéralement en anglais, quitte à jouer des incohérences, du côté bancal de certaines chansons. Sauf exception bien sûr, quand elle chante directement en italien (faut-il vous le traduire ?) : Ti Amo Davvero.

Sur la pochette de ce quatrième album, trois triangles blancs sur fond noir avec croix inversée, comme un pentacle démonté le titre, il n'y en a pas, comme si l'album était celui non pas de la maturité ou de la quintessence, mais peut-être celui de leur Apocalypse, au sens littéral puisqu'apocalypse signifie le "dévoilement" ou la "révélation", si leur musique est assez peu ésotérique elle joue beaucoup d’allégories, de symbolisme. Pour finir, laissez vous tenter par JC Satàn, et puisque c’est lundi, méditez ce dernier commandement : Don’t work hard.

Extraits diffusés :

Waiting For You Ti Amo Davvero

Don't Joke with the people you don't know Don't Work hard

J.C. Satàn (Animal Factory/ Born Bad Records)

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