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Lizzy Mercier Descloux, avant-garde et voyante

4 min
À retrouver dans l'émission

Lizzy Mercier Descloux
Lizzy Mercier Descloux Crédits : Radio France

L’album commence par Fire, comme un clin d’œil au poète « voleur de feu » selon la Lettre du voyant. Accent français, poésie et musique impeccable, vous êtes à New York en 1978, alors qu’un mouvement nait aux Etats-Unis, qu’on appelle comme un de ses fanzines « Punk ».

Une française enregistre ce disque « Press Color » qui, faute de distribution, ne connaitra pas le succès. Son nom ne figure pas dans le Dictionnaire du rock, et seuls quelques-uns de ses albums sont aujourd’hui disponibles. Cette seconde réédition (la première date de 2004) rendra peut-être justice à sa musique et à ses textes.

On entend chez Lizzy Mercier Descloux à la fois une sorte de funk mutant avec des guitares stridentes, du disco déconstruit, très sec, du reggae et surtout un humour détaché, un goût du détournement, comme ce morceau où la fièvre (Fever) devient un cancer : Tumour. Triste coïncidence, c’est un cancer qui emportera des années plus tard Lizzy Mercier Descloux en 2004, à 47, ans alors qu’elle avait entamé une carrière de peintre. Au moment où elle enregistre ce premier album en 1978, elle a fait avec son compagnon Michel Esteban (fondateur de Ze Records), la connaissance de tout l’underground newyorkais, elle s’est liée d’amitié avec Patti Smith et Richard Hell avec qui elle publiera d’ailleurs son premier livre “Desiderata”. Très attachée à la poésie d’Arthur Rimbaud, elle enregistrait en 1995 un duo avec Patti Smith produit par Bill Laswell, adaptation des vers de Matinée d’ivresse (poème des Illuminations ) déclamé ici en canon et en deux langues : Morning High.

La suite de la carrière de Lizzy Mercier Descloux sera tout aussi passionnante : elle enregistre aux Bahamas (aux Studios Compass Point), part en Ethiopie sur les traces d'Arthur Rimbaud puis en Afrique du Sud, où les sonorités des groupes de Soweto vont avoir une grande influence sur elle. Avec son tube “Mais où sont passées les gazelles?” elle sera une des premières à faire entrer les rythmes sud-africains au top 50, à un moment où la mode de la World Music n'existe pas encore. A la lecture des notes du livret (en anglais) la figure de Lizzy Mercier Descloux apparaît plus attachante encore, bouleversante même. Michel Esteban, fondateur de la boutique Harry Cover, décrit la transformation d’une étudiante des Beaux-Arts en une égérie de la future new wave, et l’origine de son double nom, passage bouleversant. On se quitte sur ce vers de Lizzy Mercier Descloux qui clôt les notes de cette réédition : « Pourquoi vivre terre, quand le reste du ciel s’ultramarine et rien ne sert, rien sauf le désir »

Extraits diffusés :

Fire

Tumour

Morning High

Mission Impossible

Lizzy Mercier Descloux « Press Color » (Light In The Attic – Pias)

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