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Nikolaus Harnoncourt

Nikolaus Harnoncourt (1929-2016) "O let me weep"

6 min
À retrouver dans l'émission

L’air de Junon dans la Reine des fées (Fairy Queen) de Purcell pour évoquer la mort de Nikolaus Harnoncourt. Le musicien s’est éteint samedi à l’âge de 86 ans, chez lui en Autriche. Il avait déjà annoncé le 5 décembre dernier son retrait de la vie musicale. Retour sur une oeuvre révolutionnaire.

Nikolaus Harnoncourt
Nikolaus Harnoncourt Crédits : BARBARA GINDL / epa - Corbis

Le « pittoresque » et l’« intéressant » ne sont pas ma préoccupation. Seule la nécessité de la musique doit compter. » : Harnoncourt incarnait l’exigence mais aussi la passion pour ceux qui l’on côtoyé.

Pour lui c’est à 17 ans, qu’elle s’impose : après avoir entendu à la radio la Septième Symphonie de Beethoven dirigée par Furtwängler, Nikolaus Harnoncourt décide d'abandonner sa carrière de marionnettiste pour se consacrer à la musique (on est en 1947 il n’abandonnera pas les marionnettes pour autant, un de ses derniers dessins le montrait en marionnette). Harnoncourt jouait déjà du violoncelle depuis l’âge de 8 ans, il décide de devenir musicien d'orchestre. Le couple qu'il formera avec la violoniste Alice Hoffelner (Alice Harnoncourt) et le fameux Concentus Musicus Wien qu’il fondent ensemble en 1953 sera déterminant dans la lecture de la musique baroque et classique au XXème siècle. Harnoncourt ne s’en tiendra pas au seul répertoire et instruments « anciens », à retenir parmi d’autre chocs sa lecture des symphonies de Bruckner avec le Royal Concertgebouw Orchestra. Le même orchestre avec lequel il passe à la direction pour la première fois de sa vie, à 40 ans (on est en 1975 une Passion selon Saint-Matthieu de Bach restée dans les mémoires). Harnoncourt foudroyait les musiciens du regard, dirigeait à mains nues et donnait à voir tout le travail de fond qu’il voulait faire passer. Une recherche et une pensée musicale mise exposées dans ses livres : « Le discours musical » ou encore « Le dialogue musical » (paru en 1985 en France).

Harnoncourt s'interroge sur les problèmes de notation, de tempo, d'ornementation, mais aussi sur la fonction sociale de la musique et des musiciens. Comment être plus que de simples consommateurs de musique, « donner du sens au son » je vous renvoie au mot du jeune chef d'orchestre Raphaël Pichon publié dans Libération : « Nous, enfants et musiciens d’un nouveau millénaire, connaissons cette chance immense d’avoir été nourris au sein de cette révolution, mais d’être aujourd’hui menacés par un nouveau piège d’une tradition qui s’installe : la réitération d’un passé aujourd’hui totalement défriché peut-elle, doit-elle être notre unique dessein ? (…) la mort d’un immense résistant comme celui-ci nous permet aujourd’hui de réaliser à nouveau la beauté et la chance d’être musicien, mais aussi et surtout de nous rappeler la responsabilité de l’interprète : "Un artiste qui, selon Harnoncourt, se met au service du goût de son temps ne mérite pas le nom d’artiste"»

On se quitte avec un des cantates de Bach qu’il enregistra avec Gustav Leonhardt : « Mon âme exalte le Seigneur »

Extraits diffusés :

Henry Purcell : The Fairy Queen "O Let Me Weep" par Sylvia McNair - Vienna Concentus Musicus, Nikolaus Harnoncourt (Teldec)

Anton Bruckner : Symphonie N°4 III Scherzo. Bewegt - Trio. par Nikolaus Harnoncourt & Royal Concertgebouw Orchestra (Teldec)

Johann Sebastian Bach : Cantata No. 10 Meine Seel erhebt den Herren, BWV 10: I Chorus - "Meine Seel erhebt den Herren" (Teldec)

LIRE aussi : "Alice et Nikolaus Harnoncourt", par Monika Mertl, Versant Sud)

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