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Oum, la voix tisseuse et architecte

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Oum
Oum Crédits : Radio France

« Si nos jours venaient à ternir, je les replanterais, et les irriguerais » (paroles de la chanson Nia) la métaphore du jardin à la fois éternelle et de circonstance pour ce matin. Les mots sont ceux de Oum, chanteuse, compositrice et auteur marocaine qui publie l’album « Zarabi », qui signifie tapis, et la musique comme la voix de Oum de tisser entre elles des étoffes de musique jazz, musique gnaoua, arabo-andalouse, « ourlée de poésie » peut-on lire dans le livret.

Pourquoi filer les métaphores, ce n’est pas pour broder, mais parce que tout le disque rend hommage aux femmes tisseuses de tapis de Taragalte. Ancien nom du village de M’hamid El Ghizlane, au sud-ouest de Ouarzazate, près de la frontière avec l’Algérie, autrefois une étape dans le commerce transsaharien, Taragalte est aujourd’hui un des points de départ pour les excursions dans le désert, et c’est là qu’Oum a voulu enregistrer cet album. Géographie nouvelle donc, pour renouer en partie avec ses racines hassani. « La nuit, de son ciel a suspendu un cordon. Par ce lien nous voici réunis. » (Lila)

Le nom de l’auteure n’est pas un hommage à Oum Kalthoum (la diva égyptienne) : le nom d’Oum el Ghaït « mère de la délivrance » c’est celui qu’on donnait aux petites filles nées un jour de pluie, comme elle ou sa grand-mère. Oum chanteuse constituée de différentes cultures, elle chante en darija (le dialecte marocain populaire : mélange d’arabe classique, de berbère et d’hébreux) et si l’on entend des sonorités sahraouis, il y a aussi du jazz et même des couleurs d'Amérique latine ici. Sans doute Oum, née à Casablanca, se souvient-elle aussi de ses études d’architecture à Rabat. Tisser ou construire, ne peut se faire ici que grâce à des musiciens investis, deux d’entre sont cubains (et cela s’entend un peu) : à la contrebasse Damian Nueva, il y a aussi la trompette de Yelfris Valdes, très libre et latine dans une adaptation d’un poème de Rumi (N’Nay). On se quitte avec un peu de virtuosité et l’oud de Yacir Rami. « Dans la ruelle des amants, l’oranger diffuse son essence. La nuit se fige, le pouls se hâte, la raison s’égare et retombe en enfance. »

Extraits diffusés :

Nia

Lila

Ah Wah

Hna

Album : Zarabi (Lof Music)

Oum sera en concert le 13 octobre au Café de la Danse à Paris, et puis à l’institut Français de Casablanca le 10 novembre 2015

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