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Schubert - String Quintet - Lieder - Quatuor Ebene (Erato)

Schubert entre haus-musik et Prométhée par le quatuor Ebène

5 min
À retrouver dans l'émission

Le quatuor Ebène réunit une affiche de choix pour son programme Schubert (quintet et lieder) : Gautier Capuçon, Laurène Durantel et Matthias Goerne. Si le baryton allemand chante « comme on marche sur l’eau », c’est aussi par la grâce de cordes sensibles.

Schubert - String Quintet - Lieder - Quatuor Ebene (Erato)
Schubert - String Quintet - Lieder - Quatuor Ebene (Erato)

Schubert qui touche à la fois à l'intime et à l'universel, entre « la Haus-musik entre amis et le message prométhéen de Beethoven » précise un des musiciens du quatuor Ebène.

Un peu d’histoire pour situer : ce quintet pour deux violoncelles, D 956 (Op. Posth. 163) c’est l’une des dernières partitions de Schubert, composée alors qu’il avait seulement 31 ans (dans les derniers mois de sa vie, il meurt d’une fièvre typhoïde en 1828). Il y a quelque chose non pas de testamentaire dans l’œuvre mais de l’aboutissement de son écriture pour musique de chambre (ici un quintette pour deux violons, un alto et deux violoncelles) plutôt ample (qui dure presque une heure), en Ut Majeur, comme sa 9ème Symphonie. Avec notamment des thèmes réexposés, repris, comme un procédé de réitération qui inspirera beaucoup Adorno « les formes chez Schubert sont celles d’une invocation de ce qui est apparu une fois et non d’une transformation de ce qui a été inventé ».

L’invention elle vient ici du quatuor Ebène qui propose de jouer ensuite des lieder de Schubert, avec Matthias Goerne, celui qui (je cite) « chante comme on marche sur l’eau »

Der Jüngling und der Tod « Le jeune homme et la mort » qu’on peut entendre comme une suite à La Jeune Fille et la mort, sauf qu’ici la mort ne domine pas tout à fait, elle est presque désirée par le jeune homme qui sourit à la figure en os qui vient le chercher.

Vous l’avez entendu le baryton Matthias Goerne ne chante pas avec un piano mais avec un ensemble de cordes, arrangements réalisés par Raphaël Merlin, violoncelliste du quatuor Ebène. C’est la belle audace de ce disque, des lieder avec cordes, et contrebasse puisque Laurène Durantel apporte un peu plus de profondeur encore dans Der liebliche Stern : L’étoile adorée.

Saluons enfin un changement réussi dans le quatuor, puisque Mathieu Herzog a quitté l'alto afin de passer à la direction d'orchestre, il est remplacé désormais par Adrien Boisseau. Nouvel équilibre trouvé, pour une musique parfois comme suspendue. Enfin si vous comptez écouter bientôt le disque, cette précision du violoncelliste à un confrère « si on est chez soi et qu'on écoute ce quintette en faisant frire des patates dans une poêle, il est fort probable qu'on en rate l'essentiel. J'encourage donc l'auditeur à trouver un moment de calme pour glisser l'album dans son lecteur ». On ne saurait dire mieux.

Extraits diffusés :

Schubert : Quintette à cordes en ut majeur D.956 (Op. Posth. 163) Allegro Ma Non Troppo - avec Gautier Capuçon

Schubert : Der Jüngling und der Tod

Schubert : Der liebliche Stern D.861 (arrangements par Raphaël Merlin *)

avec Matthias Goerne. * : et Laurène Durantel (contrebasse)

Disque : Quatuor Ebene – Gautier Capuçon, Mathias Goerne : Schubert : Quintette et lieder (Erato)

Concerts : le 29 avril 2016 au festival de Pâques de Deauville (programme Schubert et Schumann avec Jérôme Pernoo et David Kadouch) le 11 août 2016 festival de musique de Menton (avec Nicholas Angelish)

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