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Sounds From Dangerous Places (ReR Megacorp)

Tchernobyl, 30 ans après, quel son produit le danger nucléaire ?

6 min
À retrouver dans l'émission

De Kraftwerk qui révise son « Radioactivity » au field recording dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, quels sons pour dire la déflagration perçue depuis le 26 avril 1986 ?

Sounds From Dangerous Places (ReR Megacorp)
Sounds From Dangerous Places (ReR Megacorp)

« El Baile Alemán » ou comment faire du chaud avec du froid. Le 26 avril 1986, à 1h23 du matin, le 4ème réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl (dans le nord de l'Ukraine) explose, provoquant une catastrophe humaine et écologique inédite. 30 ans après, parmi ses nombreuses conséquences, les moins graves sont sans doute les chansons et les musiques que l’événement a inspiré.

On commence par ce qui s’appelait d’abord « Radio-Aktivität » : la chanson titre de l’album de Kraftwerk, paru en 1975, jouait sur la force des ondes, des fréquences hertziennes à la recherche autour de l'atome (« discovered by Madame Curie ») un titre à l'euphorie nuancée dans sa version révisée en 1991 (album The Mix) où Kraftwerk faisait de Radioactivity un hymne clairement antinucléaire, citant les villes de Tchernobyl, Harrisburg, Sellafield et Hiroshima. C’est précisément cette version que choisit en 1999 Uwe Schmidt, compositeur allemand installé au Chili, pour son projet Señor Coconut, qui commence par une lecture du répertoire des pionniers de Düsseldorf en version Chachacha, Cumbia ou Merengue.

Plus direct, et moins chaud, le projet de Peter Cusack : « Sounds From Dangerous Places »

« Que pouvons-nous apprendre des sons qu’émettent les lieux dangereux ? » c’est la question que se posait le musicien et chercheur anglais en se rendant, 20 ans après la catastrophe, en 2006 et 2007, dans la ville fantôme de Pripiat et dans les villages voisins de la zone d’exclusion de Tchernobyl. Les chants d'oiseaux contrastent avec la radio activité invisible, insonore si ce n’est au compteur Geiger.

Autre projet encore plus littéral, celui de Jacob Kirkegaard qui a cherché à mettre en évidence le phénomène de radiation au moyen du son  toujours dans la zone d'isolement de Tchernobyl. Le Danois s’était rendu avec ses micros dans 4 lieux collectifs (d’où le titre de son projet « 4 Rooms ») : le gymnase, la piscine, l'église et l'auditorium, dans lesquels il enregistrait dix minutes de silence, qui étaient rejouées sur place puis réenregistrées suivant le même principe, dix fois de suite.

Plus solennel (et religieux), ce Requiem pour Tchernobyl composé par Bruno Letort :

« Sanctus Alleluia » les choeurs de Minsk pour une composition de Bruno Letort, « Requiem pour Tchernobyl » prière en hommage aux victimes de la catastrophe par le fondateur du label Signature (et confrère de France Musique).

Pour finir avec du froid encore chaud, un titre qui date de 1982 avant Tchernobyl donc, mais après les accidents de Harrisburg, Sellafield ou Saint-Laurent-des-eaux dans le Loir et Cher (en 1969 puis en 1980) Avec sa chanson, Castelhemis ne condamne pas les centrales atomiques, mais le discours de sécurité qui les entoure : Les Centrales.

Album : N'importe quelle sorte d'amour (RCA)
Album : N'importe quelle sorte d'amour (RCA)

extraits diffusés :

  • « Radioactivity » (Kraftwerk) par Señor Coconut y su cujunto. Album : El Baile Alemán (Naïve) 1999
  • « Sounds From Dangerous Places » (extraits) par Peter Cusack. Album : Sounds From Dangerous Places (ReR Megacorp) 2012
  • « Sanctus Alleluia » de Bruno Letort. Album : Bruno Letort - Requiem Pour Tchernobyl (¡Éditions!) 2008
  • « Les Centrales » par Castelhemis. Album : N'importe quelle sorte d'amour (RCA) 1982
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