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Trésors et littérature de Rolando Villazón

5 min
À retrouver dans l'émission

Villazon
Villazon Crédits : Radio France

« Sur le vase qui est à ma fenêtre, mes larmes coulaient ce matin, à l’aube, quand je t’ai cueilli ces fleurs ; les premiers rayons du soleil éclairaient ma chambre et me chassaient de mon lit en réveillant ma douleur. Ah ! sauve-moi du déshonneur et de la mort ! Ah ! Vierge des douleurs… » Vous n’êtes pas à l’opéra, mais presque, dans cette romance de Verdi, sur un poème de Goethe (traduit en italien à l’évidence), et c’est le ténor Rolando Villazón qui soupire ici.
Le chanteur franco-mexicain, toujours volubile, haut en couleurs, le sourcil bien fournis et le regard noir brillant publie ce mois-ci « Treasures of Bel Canto » les trésors du Bel Canto, titre plutôt trompeur puisqu’il ne s’agit pas d’opéra, même si ce sont biens des musiques de Rossini, Donizetti ou Bellini. Disons des mélodies, chansons pour piano et voix, pour lesquels on a écrit ou adapté pour orchestre (pas toujours pour le meilleur, c’est assez patent dans le cas de la Danza de Rossini, où l'orchestre semble même engourdir le ténor). Côté réception critique, Sylvain Fort (qui visiblement mesure son style à son nom) se demande dans Classica s'il faut rire ou pleurer, finissant par un simple « navrant », et Emmanuel Dupuy n'est pas moins sévère dans Diapason, voit Villazón comme « l'ombre de lui-même ».

Difficile tout de même de condamner en bloc, écoutez par exemple, cet air des Pêchés de vieillesse de Rossini : « Ici, le soleil se reflète toujours dans le miroir bleu des vagues, le lys et la violette croissent autour de moi ; mais cette terre n’est pas ma patrie » chante l’Exilé de Rossini. Pourquoi j’insiste sur les textes ici, par ce que pour Rolando Villazón, c’est capital. En plus d’être acteur, c’est un grand lecteur, qui cite régulièrement Nabokov, Borgès, Julio Cortázar et Perec, il a même écrit un roman, traduit en français l’année dernière « Malabares » Jongleries (Actes Sud) une histoire de clowns ou apparait une certaine Verlaine.

On se quitte, comme sur le disque, avec un duo, non pas avec Anna Netrebko qui a souvent été sa partenaire sur scène mais Cecilia Bartoli, (autre tessiture et autre caractère bien trempé) : Péchés de vieillesse, Les Amants de Séville chantent cette ‘Tirana pour deux voix’ en français, la France capable d’accueillir au siècle de Rossini, comme encore.

Extraits diffusés :

GIUSEPPE VERDI « Deh, pietoso, o Addolorata »

GIOACCHINO ROSSINI (1792–1868) « L’esule » Péchés de vieillesse, Vol. III

GIOACCHINO ROSSINI « Tirana pour deux voix » (Les Amants de Séville)Péchés de vieillesse, Vol. III avec CECILIA BARTOLI mezzo-soprano

Rolando Villazón - Orchestra del Maggio Musicale Fiorentino (dir. Marco Armiliato)

Treasures of Bel Canto (Deutsche Grammophon)

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