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Trotignon - Angelich : different concerto

5 min
À retrouver dans l'émission

Different Spaces » Orchestre National de Bordeaux Aquitaine
Different Spaces » Orchestre National de Bordeaux Aquitaine Crédits : Radio France

*** « Même les musiciens de jazz écrivent* » nous dit Baptiste Trotignon. Et peut-être n’a-t-il pas tort, à l’occasion de la sortie de l’enregistrement de son Concerto pour piano, de jouer de nuances entre déclaration formelle et ironie légère.

Les frontières entre les académies et les genres sont encore bien étanches en France et si certains s’étonnaient de voir Alexandre Tharaud passer de Chopin au répertoire pré-jazz de 1920, que dire d’un pianiste « de jazz » qui se met à écrire du classique contemporain - si l’expression est permise ? Depuis une dizaine d’années Baptiste Trotignon prouve qu’il est possible de passer du répertoire afro-américain à Erik Satie, d’inviter une chanteuse comme Jeanne Added pour une adaptation de Schubert ou encore de composer, pour un orchestre et sans improvisation.

Il signe là son premier concerto pour piano, une œuvre qu’il a choisi de ne pas jouer lui-même, mais d’écrire pour un autre, en l’occurrence Nicholas Angelich (pianiste qu’on a plus souvent entendu chez Brahms mais qui s’intéresse aux créations contemporaines). Résultat ce concerto titré « Different Spaces » comme en clin d’œil au « Different Trains » de Steve Reich, mais la comparaison s’arrête là, c’est véritablement une œuvre pour orchestre et piano, toute en pulsion, jamais néo-classique, à l’image du dernier mouvement allegro agitato, brillant.

Les critiques et l’auteur lui-même soulignent que les quatre mouvements du concerto sont traversés par différents échos ou hommages, du côté de Prokofiev, Debussy, de Kurt Weill même, un choral de cuivres évoque Jean-Sébastien Bach...

Mais plus qu’un empilement de références ou de révérences de la part de Baptiste Trotignon, on retient surtout le dialogue entre orchestre et piano, et un attachement sensible à ce qu’il nomme les « nobles dissonances ». En plus du concerto (qui avait été créé en 2012) Trotignon offre ici deux séries de pièces composées spécialement pour l’occasion, des pièces pour piano seul (Préludes comme un petit triptyque) et aussi 3 pièces pour deux pianos, où Trotignon donne la réplique à Nicholas Angelich, laissant même entendre (et c’est bien le seul moment du disque où cela a lieu) une part d’improvisation : Moteur.

Extraits diffusés :

Concerto pour piano « Different Spaces » Moderato Tranquillo

Concerto pour piano « Different Spaces » Allegro Agitato

Trois pieces pour deux pianos - Moteur

« Different Spaces » Orchestre National de Bordeaux Aquitaine, dir. Paul Daniel (Naïve)

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