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Jeff Buckley - You And I (Columbia)

“You And I” retour en Grace de Jeff Buckley

6 min
À retrouver dans l'émission

La sortie de bandes inédites de Jeff Buckley, chansons reprises de Dylan, Sly & The Family Stone ou encore The Smiths suscite l'émotion par leur nudité crue.

Jeff Buckley - You And I (Columbia)
Jeff Buckley - You And I (Columbia)

« Parfois j’ai raison, mais je peux avoir tort, mes croyances sont dans mes chansons » les paroles de Sly & The Family Stone (Everyday people) réappropriées ici par Jeff Buckley. Qu’est-ce qui fait de vous un auteur de chansons ? Peut-être déjà la capacité à interpréter celles des autres, à savoir choisir pour soi. Qualités manifestes chez Jeff Buckley, dont la version d’Hallelujah éclipse presque (en terme de notoriété) celle Leonard Cohen.

De son vivant Jeff Buckley n’a publié qu’un seul album, Grace (1994). Mais depuis sa mort à l’âge de 30 ans au cours d’une baignade dans le Mississipi, l’exploitation de tous les enregistrements possibles, entre album posthume inachevé (Sketches for My Sweetheart the Drunk -1998) différents concerts (Live at Chicago, à l’Olympia, at Sin-é) ou compilation de fonds de tiroir (Songs to No One) ont épuisé l’intérêt des fans comme du grand public. La parution ce mois-ci de bandes inédites peut en laisser certains dubitatifs, le disque mérite pourtant de s’y arrêter. Essentiellement pour ces reprises, que l’on croit ré-entendre (paradoxe) pour la première fois. Comme la chanson Calling You (de Bob Telson) pour le film Bagdad Café, soudainement vierge d’images.

En février 1993 alors qu’il n’a toujours pas réalisé son premier album, Jeff Buckley enregistre pendant trois jours au Shelter Island studio à New York, pour rassurer la maison de disque Columbia. Des reprises et quelques maquettes. Enregistrement quasi-brut où les imperfections, les mots d’intentions ont été conservés, et c’est ce qui fait tout le prix de ces sessions d’enregistrement, on voit littéralement la musique en train de se faire. Jeff Buckley s’adresse à l'ingénieur du son Steve Addabbo, à propos d’une chanson entendue dans un rêve… et l’on entend Dream of You and I, simplement bouleversante.

Il faut aussi écouter l'écart entre des versions comme celle  de « Just Like a Woman » de Dylan (un rien outrée) et « Don't let the sun catch you cryin' » (chanson de Gerry and the Pacemakers) dont Jeff Buckley avoue à la fin qu’il ne sait même pas qui l’a écrite, qu’il ne connaît que les versions de Ray Charles et d’autres, qu’elle le touche à chaque fois… Un duo d’auteur revient par deux fois, et la rencontre vaut à elle seule de s’arrêter sur ces bandes : Morrissey et Johnny Marr (The Smiths) dont Buckley reprend l’hymne déchirant « I know it's over ».

Extraits diffusés :

Everyday People (Sly and the Family Stone)

Calling You (B.Telson)

Dream of You and I (J.Buckley)

I know it's over (Morrissey/ J.Marr)

Album : Jeff Buckley « You and I » (label : Columbia)

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