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Huriya, Iman Mersal, Mathilde Forget. Indépendances

57 min
À retrouver dans l'émission

Une salle des machines dans laquelle résonnent les voix d'écrivaines égyptiennes ou marocaine, pour évoquer certaines figures méconnues de la littérature arabe, dont le parcours et l'oeuvre ont été invisibilisés, et la place que les femmes y occupent, de l'Egypte de Nasser au Maroc d'aujourd'hui.

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Mettez un livre dans votre moteur... Crédits : Andriy Onufriyenko - Getty

Première partie. Entretien avec Huriya

Mathias Enard s'entretient avec Huriya. Au cours de cet entretien,  l'écrivaine franco-marocaine se confie sur l'hypocrisie et les mensonges qui ont marqué son enfance, sur la honte qui pèse sur les femmes au Maroc, sur sa relation à la religion. Et sur son voyage en France, qui lui a permis de découvrir enfin qui elle était, en même temps que le théâtre de Samuel Beckett et la philosophie de Spinoza. Et à pouvoir affirmer dans son récit autobiographique Entre les jambes que "Rien de ce qui est humain est honteux. Même si ici, tout a été construit sur l’autel de la honte, de l’interdit et du secret."

Huriya veut dire liberté en arabe. Je suis une fleur qui a poussé sur le mal, une fleur qui ne donnera jamais de fruits. Je suis née à Marrakech où j’ai grandi entre une grand-mère qui m’obligeait à apprendre par cœur les sourates du Coran, et un grand-père français, athée jusqu’au bout des ongles, avec lequel j’apprenais L’Albatros de Baudelaire.

  • Huriya, Entre les jambes, Le Nouvel Attila

Seconde partie. Entretien avec Iman Mersal

Mathias Enard s'entretient avec la poétesse égyptienne Iman Mersal de son essai consacré au destin tragique d'Enayat Zayyat. Plus de quarante ans après son suicide au Caire en 1963, Iman Mersal a mené une longue et minutieuse enquête à la fois journalistique et littéraire, pour tenter de reconstituer la biographie et le parcours intellectuel de cette jeune écrivaine oubliée. 

Quand j’ai lu son seul roman, "L'Amour et le Silence", écrit en 1960, j’ai trouvé une différence énorme tant dans le style que dans le contenu entre celui-ci et ceux écrits par d'autres écrivaines arabes de sa génération. A travers le personnage de Nagla, Enayat Zayyat évoque l'insomnie, la dépression, la souffrance psychologique d'une femme, en même temps que la révolution égyptienne de Nasser en 1952. Elle insiste sur le fait que la libération des femmes est tout aussi importante que la libération nationale. Ce qui a suscité ma curiosité, c’est son absence totale de l’histoire de la littérature arabe. J’ai voulu savoir qui elle était, savoir comment une femme égyptienne écrivait, raisonnait dans les années 1950. J'ai découvert qu'elle avait été l'amie de Nadia Lotfi, l'une des plus grandes stars de l'histoire du cinéma égyptien, qui a activement travaillé à la publication de son roman après sa mort.

  • Iman Mersal Sur les traces d’Enayat Zayyat (traduit de l’arabe par Richard Jacquemont) Actes Sud / Sindbad

Le message de Mathilde Forget

On se souvient qu’autrefois, dans les paquebots et les cargos, de magnifiques transmetteurs d’ordres en cuivre faisaient résonner les instructions de la passerelle jusqu’aux entrailles du navire.

Ce soir au théâtre, j’ai tout compris. Joseph K. c’est moi. Pourtant je ne suis pas Franz Kafka. A la radio, j’ai entendu que Milena Jesenska, le grand amour de Kafka, appelait sa fille "mon cher petit camarade". Je me suis dit que c’était comme ça que je voulais appeler mes livres désormais. Joseph K. c’est moi donc… Ou plutôt, un jour j’ai été Joseph K. Ce personnage accusé d’un crime absent, jamais nommé, et qui doit pourtant s’en défendre, ce pourrait être une femme qui a porté plainte et qui se retrouve accusée. Parce qu’une femme qui porte plainte, elle est suspectée, culpabilisée. Je le sais, je l’ai vécu. 

Écouter
2 min
Joseph K. c’est moi…
  • Mathilde Forget, De mon plein gré, Grasset

Le caillou dans les poches

Entre le moment où ces contes exotiques ont enchanté leurs lecteurs à la cour de Louis XIV et celui où ils sont devenus le modèle de la Recherche du temps perdu de Marcel Proust, les Mille et une nuits sont devenues le classique des classiques. Shéhérazade y lutte pour la communauté des femmes de son pays, soumises à l’horrible vengeance du roi Shahyar. Pour la première fois, elles paraissent intégralement en livre audio, lues par Maia Baran, Patrick Donnay et Steve Driesen.

  • Les Mille et une Nuits, traduction de René R. Khawam, Audiolib
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