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Caricature représentant Alexandre Dumas en mousquetaire, 1868 (Musée Carnavalet, Paris)

Spéciale Alexandre Dumas avec Agnès Desarthe, Bertrand Tavernier et Laurent Petitmangin

57 min
À retrouver dans l'émission

Une salle des machines sous le signe d'un feu de cheminée qui crépite consacrée au grand romancier de l’histoire et de l’aventure, Alexandre Dumas père (1802-1870), que nous lisons tous avec ferveur.

Caricature représentant Alexandre Dumas en mousquetaire, 1868 (Musée Carnavalet, Paris)
Caricature représentant Alexandre Dumas en mousquetaire, 1868 (Musée Carnavalet, Paris) Crédits : DeAgostini - Getty

Première partie. Entretien avec Agnès Desarthe

Agnès Desarthe est l'autrice de nombreux textes pour la jeunesse, de pièces de théâtre et de romans parmi lesquels Ce cœur changeant (2015) et La chance de leur vie (2018). Elle est également essayiste et traductrice de l’anglais, de Loïs Lowry, Maurice Sendak et Virginia Woolf à qui elle a consacré un essai, co-écrit avec Geneviève Brisac, V.W. Le mélange des genres (L’Olivier). Mais la romancière a récemment vécu '"une année Dumas", une année entière consacrée à la lecture de l'œuvre du père du Comte de Monte Christo et dont elle a tiré "un plaisir aussi addictif que celui qu’éprouvent les gens avec les séries". Une expérience d'immersion prolongée sur laquelle elle revient au cours de cet entretien.

En France, on est atteint par la maladie de la catégorisation, la folie de classer. On dit "Dumas il n’y a pas de style puisque c’est du feuilleton, il n’y a pas de psychologie puisque c’est de l’aventure". Je pense au contraire que la littérature est un terrain de jeu infini, on fait ce qu’on veut, on peut tout mélanger. Le personnage de Dumas qui m’a profondément marquée, c’est Milady de Winter. Elle est un personnage complexe et affreusement manipulateur, une salope d’une envergure inouïe. Assister aux démêlés de cette femme avec ces hommes devient une épopée psychologique. Dumas élève la psychologie au rang d’épopée et c’est merveilleux. Chez lui, pas de cloison, pas d’interdit : ce n’est pas parce qu’on raconte des histoires de cavaliers, de bagnards et de prisonniers qu'on n’a pas le droit de se demander ce qui se passe dans leur tête.

Seconde partie. Entretien avec Bertrand Tavernier

Cinéaste, scénariste, réalisateur et critique de cinéma, Bertrand Tavernier est l'auteur d'une nouvelle préface à Une fille du Régent d’Alexandre Dumas qui reparaît aux éditions du Cherche Midi. Un roman que le réalisateur a souhaité adapter au cinéma au tout début de sa carrière. Si le projet n'a finalement pas vu le jour, Bertrand Tavernier n'en est pas moins resté un grand admirateur de Dumas, notamment de ses talents de dialoguiste comme il le précise au cours de cet entretien.

J’aime tous les Dumas. En particulier le Dumas mémorialiste – ses mémoires sont un livre magistral, l’un des plus inventifs que je connaisse, à l'égal de Choses vues de Victor Hugo - et le Dumas inventeur d’intrigues. Mais surtout le Dumas dialoguiste. On rend rarement justice à cette dimension de son talent mais les dialogues du Vicomte de Bragelonne notamment sont pourtant des merveilles de drôlerie et de vivacité. Quand j'ai réalisé La Fille de d’Artagnan, je lui ai volé une réplique de D’Artagnan à Raoul, "Pour être vraiment bon, il faut avoir les yeux secs et le cœur tendre", que j'ai fait dire par Philippe Noiret à Sophie Marceau.

Bertrand Tavernier revient enfin sur l'incroyable talent romanesque d'Alexandre Dumas :

Dumas transformait le monde, il était capable de se faire un ennemi mortel à cause d'un détail inventé pour mettre de la couleur dans un récit... C'est un homme qui savait inventer la vie autour de lui, ce qui explique l’énergie qu’il était capable de communiquer à ses personnages.

Le message de Laurent Petitmangin

On se souvient qu’autrefois, dans les paquebots et les cargos, de magnifiques transmetteurs d’ordres en cuivre faisaient résonner les instructions de la passerelle jusqu’aux entrailles du navire.

C’est fort la radio. Ç‘est vers elle qu’on se tourne quand plus rien ne fonctionne. Quand le pays sera dévasté, qu’il n’y aura plus de télé ni journaux, il y aura encore la radio, des voix dans un studio, dans une cave s’il faut, qui diront l’étendue des dégâts, qui diront ce à quoi on est rendus. Ça passe partout la radio, ça arrive chez les patrons, chez des gens comme nous, ça arrive même dans les prisons. Alors tu vas m’écouter. Tu vas pas faire de conneries, tu vas prendre ton mal en patience, trois ans c’est rien. Je t’en supplie, ne fais pas de bêtises. Tu peux pas savoir le nombre de gens qui me parlent de toi, qui me disent que tu restes un bon gars, qui savent que ç’aurait dû être juste une bagarre, rien de plus. Reste avec moi mon fils, et dans trois ans, je serai là au bord du stade, je te regarderai jouer, le terrain sera beau, il fera frais et il fera jour au-dessus des arbres...

Caillou dans les poches

  • Archive diffusée : François Mauriac, interviewé par Marianne Monestier, 1950
  • Texte lu par Mathias Enard : Lettre de Victor Hugo à Alexandre Dumas fils, 1872

Cette émission a été diffusée pour la première fois le 27 décembre 2020.

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