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Neil Young

Bob Dylan et Neil Young, deux guides dans l'obscurité

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C’était sans doute ça la vraie fête de la musique : le même jour, vendredi, ont paru deux albums, de deux des plus grands artistes vivants, Bob Dylan et Neil Young.

Neil Young
Neil Young Crédits : Alice Chiche - AFP

Deux voix qui, chacune à leur manière, sont venues nous éclairer lorsque nous sommes entrés dans l’inquiétant tunnel d’une crise mondiale et sans précédent. Deux voix qui s’imposent aujourd’hui comme des guides, pour en sortir. Voilà ma théorie. 

Depuis « Tempest » en 2012, cela faisait 8 ans que Dylan, Prix Nobel de littérature en 2016, n’avait pas publié de titres originaux. Il semblait tournoyer dans une boucle de reprises de Sinatra et de chansons des années 40, quand soudain le 27 mars dernier, en pleine pandémie, au cœur d’un confinement planétaire, les 17 minutes de « Murder Most Foul » sont apparues sur sa chaîne Youtube. « Hallelujah» aurait dit Leonoard Cohen…

La voix, le texte, la scansion de cette poésie sur quelques notes de piano et de violon, irradiaient dans les ténèbres. Dylan, dont Patti Smith loue la maîtrise rimbaldienne de la langue américaine, nous livrait ses « Illuminations ».  L’amplitude du récit, déroulant une histoire de la violence américaine depuis l’assassinat de Kennedy, et la richesse des vers aux mille et une interprétations, auraient pu faire de ce titre un flamboyant crépuscule ou une dernière « Lettre du Voyant ». 

Mais très vite, avec la publication de « I contain multitudes » dans les semaines qui suivirent, ce fut une évidence, un nouveau et grand album de Dylan allait venir. « Rough and Rowdy Ways » est enfin né.

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Quant à Neil Young, il est lui aussi réapparu au cœur de la pandémie. Livrant ce qui est sans doute le chef d’œuvre de tous les « lives » de confinement, ses « fireside sesssions » (sessions au coin du feu), et décidant dans la foulée d’ouvrir grand ses archives. Autant de rayons de lumières venus lézarder l’obscurité. 

Voilà qu’a son tour il publie un nouvel album ou plus exactement qu’il ressuscite un album « perdu ». Avec 7 inédits sur 12, enregistrés entre juin 1974 et janvier 1975 « Homegrown » n’est rien moins que "le chaînon manquant" entre Harvest (paru1972) et Comes a time (paru 1978).

Nous sommes donc en présence de deux propositions musicales très fortes, qui n’ont rien de fonds de tiroirs. Ce sont deux torches qui s’allument et qui permettent d’avancer. D’abord parce qu’elles laissent derrière elles les logiques de marketing ou de nouveauté « événementialisées », apparaissant selon un principe de « don et de désir » plus que « d’offre et de demande ». Pour reprendre une jolie formule trouvée par le musicien Rodolph Burger. Et si l’album de Dylan s’appelle « Rough and Rowdy Ways » / « chemins abruptes et bruyants » c’est précisément pour proposer le contraire.

Ensuite si ces deux parutions peuvent apparaître comme des guides, c’est qu’elles redonnent toutes deux au blues une place décisive pour nous accompagner dans cette crise. Ce genre musical est peut-être le plus approprié pour le dire le trouble et la souffrance d’aujourd’hui mais aussi les espoirs de libérations pour demain. 

Par Mathilde Serrell

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