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L'attente sera sûrement longue avant de revoir ce genre de scène, mais sans solidarité collective elle pourrait durer indéfiniment.

Face à l'épidémie d'annulations, un devoir de solidarité collective

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Le verdict est tombé, pas de festivals ou d'évènements grand public jusqu'à mi-juillet. Alors que devait débuter la saison des festivals et leur lot de réjouissances avec le retour des beaux jours, la fête n'aura pas lieu. Dès lors, que faire pour que l'industrie culturelle s'en sorte ?

L'attente sera sûrement longue avant de revoir ce genre de scène, mais sans solidarité collective elle pourrait durer indéfiniment.
L'attente sera sûrement longue avant de revoir ce genre de scène, mais sans solidarité collective elle pourrait durer indéfiniment. Crédits : Linka A Odom - Getty

Prenez la carte de France des festivals et faites une croix dessus. Depuis les déclarations d’Emmanuel Macron, le compteur des annulations s’emballe : Avignon, les Francofolies de la Rochelle, les Eurockéennes de Belfort, Les Nuits de Fourvière à Lyon, le Main Square à Arras, et avant eux, Solidays à l’hippodrome de Longchamp, le Hellfest à Clisson ou encore le Printemps des comédiens à Montpellier. Tous ces grands rendez-vous n’auront pas lieu.

Vers un été sans festivals?

Les Grands Festivals et les événements qui rassemblent un public nombreux ne pourront se tenir « au moins jusqu'à mi-juillet prochain» a annoncé le président. Quant aux Vieilles Charrues qui doivent se dérouler du 16 au 19 juillet, en Bretagne, on imagine mal comment le rassemblement pourrait se maintenir ; récupérant des hordes de festivaliers frustrés, dans un contexte sanitaire dont personne ne peut prétendre qu’il sera alors sécurisé. Mon camarade Hervé Gardette avait déjà pris son billet pour aller voir Céline Dion, mais il faudra certainement y renoncer...

Le festival de Cannes, dont un report fin juin avait été envisagé n’est pas encore annulé, et l’hypothèse d’un nouveau décalage de calendrier tient encore, mais pour combien de temps ?

Alors il y a une immense tristesse, Olivier Py le directeur du festival d’Avignon se dit « effondré », d’autres en sont « malades ». L’existence même de certains festivals se trouve purement et simplement remise en cause tant les pertes sont lourdes. Devançant l’allocution présidentielle, c’est « sous le choc » que Luc Barruet le président de Solidarité Sida, avait fait part de l’annulation du festival Solidays, estimant à trois millions d'euros le manque à gagner pour l’association.

Passé ce temps de l’émotion, reste à s’en remettre à la raison qui commande cette bataille mondiale contre le coronavirus. Lady Gaga y était allé de son tweet au président Macron avant qu’il ne prenne la parole, lui demandant de « soutenir la lutte internationale contre le Covid 19 » et rappelant qu’en tant que citoyens du monde « nous étions tous dans le même bateau ».

C’est justement au nom de cette collectivité dans le combat, qu’une solidarité collective doit se mettre en place pour faire face au désastre culturel. Voilà ma théorie.

Le combat collectif va de pair avec une solidarité collective face au désastre culturel 

Bien sûr, il y a l’État et en France le ministère de la Culture qui pourrait débloquer davantage de fonds pour compenser cette « année blanche ». Du côté des collectivités territoriales, les subventions allouées aux évènements qui ont dû être annulés peuvent aussi être maintenues en pareil cas de force majeure. Côté public, un geste de solidarité citoyenne pourrait consister à ne pas demander le remboursement de sa place. Enfin, certains artistes se trouvent en capacité financière de renoncer au paiement de leur cachet. Mais ce ne sont pas là les seuls leviers.

Une solidarité du privé doit également être engagée. Pour exemple : le conflit entre le Hellfest et sa compagnie d’assurance, qui malgré une cotisation faramineuse, refuse d’indemniser le festival de métal. Cela montre qu’il y a décalage de discours. Si chacun est collectivement engagé dans cette lutte contre l’épidémie, comment la solidarité pourrait-elle s’arrêter à deux lignes de contrats ? Quant aux mécènes et sponsors, fiers d’afficher leur soutien à la vivacité culturelle, ils ne peuvent que se montrer solidaires de ladite culture en maintenant leurs financements. Voire, ce serait un beau geste, en les augmentant.

La culture aura été une puissance salvatrice de cette crise, on ne saurait l’abandonner à la sienne.

par Mathilde Serrell

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