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: L’arlésienne du quinquennat, le Pass culture verra-t-il le jour ?

Enterrer le Pass Culture mais pas son diagnostic

3 min
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Si l’on met de côté le principe du Pass, une réflexion s’est ouverte pour élargir la notion de culture. La politique culturelle de la demande, non plus de l'offre, a révélé une approche omnivore de la culture chez les jeunes, qui est à prendre en compte.

: L’arlésienne du quinquennat, le Pass culture verra-t-il le jour ?
: L’arlésienne du quinquennat, le Pass culture verra-t-il le jour ? Crédits : SOPA Images - Getty

L’arlésienne du quinquennat, le Pass culture verra-t-il le jour ? Aux dernières nouvelles il était encore et toujours en phase d’expérimentation. Laquelle semble se prolonger indéfiniment au point, peut-être, de ne jamais dépasser ce stade.

On sait désormais que le chèque numérique de 500 euros accordé aux citoyens de 18 ans pourra être dépensé sur deux ans, et qu’une nouvelle étape de déploiement est annoncée en avril. Mais d'ores et déjà le Pass a endossé le synonyme d’impasse. 

Reste que dans l’intervalle des discussions, cette tentative avortée ou non, aura permis une mise à jour salutaire concernant les fameux jeunes et leurs accès à la culture. Le Pass fait le bon diagnostic, les bons remèdes sont ailleurs. C'est ma théorie.

Comme le soulignait Michel Guerrin dans l’un de ses éditoriaux culturels pour Le Monde, la proposition a en elle-même ouvert un changement de paradigme. Après 60 ans de politiques culturelles de l’offre, tentant d’attirer le public dans les musées ou les théâtres, le Pass s’est orienté sur une politique de la demande. La culture ne se définissait plus d’en haut mais aussi en adéquation avec les pratiques culturelles des jeunes. À eux de faire leur choix.

Evidemment comme je l’ai déjà évoqué ici, l’aporie dans laquelle se trouvait la fausse bonne idée du Pass s’est rapidement révélée. Notamment sur le plan financier. L’état ne veut pas fournir les 400 millions d’euros de budget annuel, nécessaires à la mise en place du Pass à l’échelle nationale. Et dans l’attente interminable de mécènes, seuls les partenaires privés proposent des crédits qui ne seront pas facturés. Comment maintenir un équilibre et ne pas accentuer, de fait, le clivage public/privé ? Et pourquoi les jeunes iraient dépenser leur cagnotte du Pass pour des promotions lambda, bref des offres en vue de capter une future clientèle.

Sans oublier que les chiffres révélés par Mediapart, après neuf mois d’expérimentation dans 14 départements français, montraient que seuls 25 000 jeunes s’étaient inscrits, et qu’ils n’avaient dépensé en moyenne que 100 euros sur les 500. Des chiffres depuis contestés, ou relativisés par le fait que le cinéma n’avait pas encore intégré le dispositif. Pour autant, difficile de nier que l’expérience multiplie les très mauvais signaux. C’est un euphémisme.

Une approche omnivore de la culture chez les jeunes

Mais si l’on met de côté le principe du Pass, une réflexion s’est ouverte pour élargir la notion de culture. Le principe consultatif de la demande a révélé une approche omnivore de la culture chez les jeunes. De jeu vidéo à la pratique de la danse, des plateformes de musique aux librairies. C’est cet « omnivorisme » qui peut inspirer une politique culturelle plus hybride moins surplombante. Histoire de ne pas financer l’accès à la culture de ceux qui y ont déjà accès.

D’ailleurs la dernière enquête de l’Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire souligne que la multiplicité des activités culturelles est bien plus présente chez les 18/30 ans que dans le reste de la population. En 2019, 8 jeunes sur 10 ont ainsi cumulé une activité culturelle numérique, une activité artistique amateur, et une activité ou une sortie culturelle plus traditionnelle. Le cliché du jeune passif obsédé par ses écrans ne tient pas. 

De plus l’étude révèle le passage d’un statut de spectateur de la culture à celui d’acteur. 

Restent les barrières du coût, des équipements dans les petites agglomérations, ou des origines sociales. Ce que le Pass, en l’état, ne semble pas pouvoir corriger. En revanche, une politique d’éducation mais aussi d’accès aux activités artistiques et culturelles devrait redevenir une priorité.

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