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"La La Land" de Damien Chazelle (2017)

La crise et le nouvel âge d'or des comédies musicales

3 min
À retrouver dans l'émission

« Chantons sous la crise » vous connaissez le refrain, quand l’époque s’assombrit les comédies musicales brillent.

"La La Land" de Damien Chazelle (2017)
"La La Land" de Damien Chazelle (2017) Crédits : Allo Ciné

Après les succès de « Bohemian Rapshody » pour Queen et de « Rocketman » pour Elton John, Lionel Ricchie a annoncé sa future comédie en musique. Nom de code « All night long ». Signé avec Disney, et inspiré du modèle de « Mamma Mia ! » autour du groupe Abba, il s’agira d’un enchaînement de tubes entrecoupés de saynètes confiées au scénariste de « Crazy Rich Asians ». Le procédé a fait ses preuves : rien de tel pour relancer les ventes d’albums et autres compilations. Ces dernières années ces grands juke-box filmiques, ou les comédies musicales comme « La La Land » de Damien Chazelle, ont rapporté des centaines de millions de dollars.

Même Mathieu Kassovitz s’y met, confiant qu’il prépare une version « comédie musicale » de « La Haine », 25 ans après sa sortie. Le music-hall hip-hop qui fait danser sur « Sacrifice de poulet » entre deux cocktails Molotov, il fallait oser…

https://www.youtube.com/watch?v=DCiu64IcfkY

Ma théorie c’est qu’à l’aune de la crise qui se prépare, nous devrions connaître un nouvel âge d’or des comédies musicales. Et pas seulement parce que face à une situation critique, ces productions promettent de faire tourner la billetterie. 

La crise et les comédies musicales forment un couple solide, qui dans le contexte actuel pourrait repartir de plus belle. Aux Etats-Unis c’est pendant la grande dépression de 1929 à 1939 et après la Seconde Guerre mondiale que les comédies musicales ont connu leur âge d’or.

« La comédie musicale est un cinéma de la crise » analysait le cinéphile et universitaire Daniel Corinaut en 1993 sur France Culture. Elle naît avec elle, et se construit aussi sur un certain déclassement engendré par l’arrivée du cinéma parlant qui va "placardiser" nombres d’acteurs. Plus tard dans « Singin’ in the rain », la chanson « Make them laugh » ne met-elle pas en scène un personnage qui continue tant bien que mal d’amuser la galerie ? Le genre de la comédie-musicale contient cette tension en arrière plan, mais dans la légèreté, les personnages font advenir un monde rêvé et utopique. L’onirique prend le relais sur la dureté du quotidien. 

https://www.youtube.com/watch?v=bMqnjIsygo4

Dans « Entrons dans la danse » c’est Fred Astaire en vendeur de chaussures qui ferme la boutique, pose un regard las sur le comptoir, avant que les souliers ne se mettent tous seuls à faire des claquettes et l’invitent à se transformer en danseur. L’individu trouve dans la voie créative une solution à l’insatisfaction qui le plombe. Quant aux spectateurs ils viennent s’alléger du poids d’un monde qui semble s’écrouler.

A quoi ressemblera ce nouvel âge d’or des comédies musicales ? « La haine des neiges » de Kassovitz ? La révolte d'un chœur de travailleurs ubérisés ? Tout peut s’imaginer. Mais préparez-vous à danser. 

Par Mathilde Serrell

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