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Fans de K-POP à New York

L'offensive de la contre-culture pop

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#LaThéorie |Décidément les scénaristes du réel se surpassent. Dernier « pitch » en date ? Une bande de fans de pop coréenne alliés à des utilisateurs d’un réseau social de vidéo clips sabotent un meeting de Donald Trump.

Fans de K-POP à New York
Fans de K-POP à New York Crédits : Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

La suite s’écrira au fil de l’actualité... En tous cas, samedi dernier, faute de monde, le président américain a du annuler à la dernière minute son allocution prévue pour les spectateurs du stade de Tulsa dans l’Oklahoma. Un coup revendiqué par la puissante communauté de fans de pop sud-coréenne et par des utilisateurs engagés de TikTok, qui auraient réservé en masse des tickets pour l’événement sans l’intention de s’y rendre. 

Résultat, alors que le directeur de campagne de Trump avait fanfaronné sur le million de billets demandés, explosant la jauge de 20 000 personnes prévus dans cette salle, les pompiers de Tulsa, eux, n’ont dénombré que 6 200 spectateurs. Il a donc fallu se retirer devant tant de chaises vides... 

Le président et son équipe ont bien sûr une vérité alternative à proposer, mais la multiplication de vidéos et de hashtags renvoyant à cette action dans la sphère K-Pop et sur TikTok tendent néanmoins à valider l’hypothèse de cette opération virale.

Cela étant posé, ma théorie c’est que nous assistons à la montée en puissance d’une contre-culture pop.

Les groupes de K-Pop, à l’image lisse de Boys Band marionnettes, sont l’un des fleurons d’une nouvelle pop culture sud-coréenne, qui ne cesse de concurrencer la matrice pop américaine. Avant la pandémie, lorsque le groupe de garçons BTS se produisait, ou même faisait étape quelque part dans le monde, une tempête de messages déferlaient sur les réseaux sociaux déclassant toute autre sujet conversation. Cette puissance s’accompagne aujourd’hui d’une politisation, dont l’un signaux les plus clairs fut, début juin les deux millions de dollars versés au mouvement « Black Lives Matter » par BTS et sa communauté de 26 millions d’abonnés.

Concernant TikTok, reconnu comme un épicentre du soutient à « Black Lives Matter », le réseau social au quasi milliard d’abonnés réuni principalement la génération Z, même s’il s’étend de plus en plus à d’autres utilisateurs. Et s’il a été épinglé pour des cas de harcèlement, il s’est surtout illustré par une combinaison de challenges saugrenus et de vidéos clips engagés contre le racisme, le sexisme et l'homophobie. Le tout sans changer de « langage ». 

Je m’explique. Au moment de l’action en ligne contre le meeting de Donald Trump, les utilisateurs postaient des vidéos à la frontière du LOL et de l’activisme avec ce genre de messages (rapportés dans un article du Figaro) : « J'ai réservé deux billets, mais je devais aller promener mon poisson », ou encore « Désolé, j'étais pris. Je devais vraiment ranger mes glaçons par taille. » 

Contrairement à des phénomènes culturels ouvertement séditieux, comme le Punk par exemple, ce qui est troublant c’est le décalage entre les chansons sucrés de K-Pop ou l’atmosphère décalée de TikTok, et cet engagement extrêmement déterminé. Question de codes : les revendications d’aujourd’hui empruntent les circuits d’une culture pop faussement désarmée. D’où l’idée de l’affirmation d’une contre-culture pop.

Certains y verront peut-être une grande manipulation dont on n’a pas encore révélé les dessous, mais en l’état, nous assistons peut-être tout simplement à la parade d’une nouvelle culture et d’une nouvelle génération. Laquelle opposerait au délire ambiant une contestation encore plus délirante.

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