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Exposition Léonard de Vinci au musée du Louvre

Réouverture des Musées : la fin des expos "blockbusters"

3 min
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#LaTheorie |Les visites virtuelles de musées c’est un peu comme les apéros « zoom », ça va un moment. Même si celles-ci, ainsi qu’une foule d’initiatives numériques, se sont développées pendant la crise sanitaire avec un réel succès, l’envie de voir des œuvres « en vrai » s’est renforcée comme un manque.

Exposition Léonard de Vinci au musée du Louvre
Exposition Léonard de Vinci au musée du Louvre Crédits : LUCAS BARIOULET - AFP

Aujourd’hui, nous y sommes : les musées déconfinent. Conformément aux directives gouvernementales, tous les musées et monuments de France peuvent en effet rouvrir progressivement leurs portes à compter de ce 2 juin 2020. 

L’avantage de ces retrouvailles, c’est d’être intimes. Mesures barrières obligent, les groupes ne sont pas admis, et pour respecter les distances de sécurité, les expositions temporaires sont limitées à certain de nombre de personnes, jauge qui varie en fonction des configurations des musées. Par exemple, si vous allez voir l’exposition Turner qui a pu rouvrir au public dés la semaine dernière au musée Jacquemart-André à Paris, vous constaterez oh miracle que vous n’avez pas à lire furtivement quelques bouts de cartel avant de dégager la place. Le flux s’est ralenti, la présence aux œuvres redevient effective.

Cette intimité de contingence pourrait bien conduire plus profondément à repenser l’hospitalité du musée. Voilà ma théorie.

Car au-delà de ce redimensionnement sanitaire, une réflexion sur la taille et la nature des expositions, ainsi que sur notre façon de « vivre » le musée, s’est imposée ou plus exactement renforcée. Toute culture de la billetterie et du blockbuster, de l’évènementiel et de la superproduction culturelle est remise en cause. Le musée amorce une révolution éditoriale et citoyenne, pour que le visiteur cesse d’être comme la chanson de Jacques Brel « le suivant » ! 

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En ce jour symbolique de réouverture de la grande exposition « Raphaël »  à Rome, stoppée à peine trois jours après son inauguration en mars, la question de la survivance de ces raouts muséaux qui alignent les chef-d’œuvres se pose. Et pas seulement sur un plan sanitaire ou logistique. Les coûts s’envolent en raison des assurances, certaines œuvres qui ne sont pas aptes à circuler sont parfois mises en péril pour garantir le spectacle, et derrière il faut écouler du ticket pour amortir. Comme l’avance un article du Monde, une exposition monstre comme celle de « Raphaël » pourrait-être une des dernières du genre.

Un vent assez unanime se lève pour remettre la mise en valeur thématique et approfondie des collections au centre, plutôt que de maintenir une course à l’ « hyper-évènementialisation ». Il est vrai, que depuis quelques années, prévaut un système concentré sur quelques tubes de l’histoire de l’art qui enchaînent les « tournées spectaculaires » dans les capitales du monde.

« La crise nous offre le temps de ralentir : ne faut-il pas saisir cette opportunité pour questionner ce schéma productiviste du musée ? » avance Céline Chanas présidente de la Fédération des écomusées et musées de société. Muscler la réflexion, mettre en valeur les recherches en cours, faire dialoguer les œuvres avec les enjeux du monde contemporains, repenser les parcours, la relation aux œuvres, et la médiation dans les territoires : autant de chantiers pour les musées de « l’après ». 

Cette nouvelle hospitalité invite les institutions muséales, quelque soit leur type ou leur taille, à se penser davantage comme des auberges de savoirs que des resorts culturels.

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