LE DIRECT
Affiche du film "Contagion"

En pleine épidémie pourquoi regarder un film de contagion ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Presque 10 ans après sa sortie, « Contagion » de Steven Soderbergh revient à mesure que le Coronavirus progresse. Expérience masochiste ou visionnage cathartique ? Fascination du pire ou exorcisation des fantasmes?

Affiche du film "Contagion"
Affiche du film "Contagion" Crédits : Warner Bros

En pleine épidémie pourquoi regarder un film de contagion ? La question se pose aujourd’hui alors que le long métrage de Steven Soderbergh, « Contagion » sorti il y a bientôt 10 ans (en 2011) fait une remontée remarquée sur les plateformes vidéo. Ma théorie c’est que ce film constitue avant tout une forme de remède.

Mais d’abord, pourquoi c’est « Contagion » qui réapparaît et pas d’autres films de contagion - car c’est un genre en soi - comme « L’armée des douze singes » de Terry Gilliam ou « Alerte » de Wolfgang Petersen par exemple ? 

Premier élément de réponse : les recherches autour du mot « contagion » sur Google et ses mentions sur Twitter se multiplient à mesure que le nombre de cas infectés par le Coronavirus et le nombre de décès augmentent. C’est en partie pour cette raison que « Contagion » s’est soudain hissé parmi les films les plus demandés.

Comme le relève The Holywood Reporter "Contagion" est désormais dans le top 10 des films les plus loués sur iTunes Etats-Unis aux côtés des « Parasite » « Joker » et autres « Once Upon  a Time in Hollywood… ». Présent également sur Netflix, qui le propose dans son catalogue depuis l’année dernière, il est probable que « Contagion » y connaisse aussi un succès exponentiel.

Comme le Coronavirus, le virus MEV-1 du film est un cas de zoonose

Au-delà du principe de remontée algorithmique, cette nouvelle propagation du film de Soderbergh est due à sa grande similitude avec l’épisode épidémique que nous traversons.

Comme le Coronavirus, le virus MEV-1 du film est un cas de zoonose, c'est-à-dire une maladie passée des animaux aux humains. Inspiré entre autres de l’épidémie de Sras en 2002-2003, on découvre dans « Contagion » que le mal s’est propagé d'une chauve-souris à un cochon vendu sur un marché chinois en plein air avant d'atteindre la patiente zéro, Gwyneth Paltrow, et de déclencher une pandémie.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Bien sûr, il y a dans le film une psychose exacerbée par rapport à notre réalité actuelle. Notamment parce que le virus y est infiniment plus tueur et ce indifféremment de l’âge et de la santé physique des patients. On pourrait également penser que les plans serrés sur les barres de métro, les téléphones portables, ou les verres dans un restaurant, accentuent notre angoisse sur les surfaces potentielles de transmission de l’infection.

Mais ce qui rend « Contagion » profondément pertinent aujourd’hui c’est d'y voir l’impact du virus dans notre monde globalisé et dans un contexte médiatique de défiance et de rumeurs. Jude Law incarne ainsi un blogueur qui abreuvera les foules de fausses informations via sa chaîne Youtube « sérum de vérité ». Avec des dialogues du type « d’où tenez vous ça ? de l’internet ! » : dés 2011 Soderbergh s’était attaché à représenter un esprit de complot.

Il a su trouver le langage cinématographique de la confusion des images et des messages, mais surtout la voie pour interroger de manière complexe notre éthique face à ce genre de crise. Il en ressort, l’air de rien, un conte philosophique dont la morale était d’ailleurs inscrite sur l’affiche « rien ne se propage mieux que la peur ». Charge à nous face à l’universalisme de cette catastrophe, de relever le défi humaniste planétaire qu’elle nous lance. En ce sens le film est donc aussi un remède car il nous confronte à cet enjeu. La dernière scène de « Contagion » est à ce titre très éloquente, mais je ne voudrais rien « divulgâcher ».

Ce contenu fait partie de la sélection
Le Fil CultureUne sélection de l'actualité culturelle et des idées  Voir toute la sélection  

Chroniques

8H55
3 min

La Conclusion

Joséphine March, c’est moi
L'équipe
Production
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......