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Le Palais du Louvre

La nuit au Louvre, pourquoi ne pas faire de l'exception une règle?

3 min
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C’est une première : le plus grand musée du monde accueillera des visiteurs "all night long" en clôture de l'exposition consacrée à Leonard de Vinci. Ce qui est en soi un dispositif d'immersion. La décision prise par le Louvre invite à réfléchir à une politique culturelle nocturne.

Le Palais du Louvre
Le Palais du Louvre Crédits : David Giral Photography - Getty

"La nuit au Musée" n’est désormais plus seulement un film. C’est un fantasme devenu réalité. Aujourd’hui à midi, près de 30 000 places gratuites seront mises à disposition sur le site du Louvre pour voir l’exposition Léonard de Vinci non seulement la nuit, mais all night long !

C’est une première pour le plus grand musée du monde qui accueillera des visiteurs de 21h30 à 8h30 du matin le week-end des 21, 22 et 23 février, en clôture de cette exposition unique. "À exposition exceptionnelle, dispositif exceptionnel" avance le président du Louvre, Jean-Luc Martinez dans les colonnes du JDD. Ma théorie c’est que ces nuits au musée ne devraient pas être l’exception, mais la règle.

Jamais contente, me direz-vous ?

C’est vrai qu’il est déjà historique, et particulièrement pertinent de mettre en place un tel dispositif au Louvre, et surtout pour cette exposition. Sans que l’on ait encore le chiffre final de la fréquentation, l’exposition de Vinci devrait battre le dernier record du Louvre, c’était en 2018 avec la rétrospective Delacroix et son demi million de visiteurs. En ouvrant toute la nuit pendant trois jours, cela redonne une chance de voir une fois dans sa vie cette réunion inédite des chefs-d’œuvre du maître, et la formidable exploration génétique qui l’accompagne. Peut-être que jamais pareille exposition ne pourra se tenir à nouveau, tant il est difficile de parvenir à concentrer autant de prêts. 

De plus, quelle expérience vertigineuse que de se trouver en pleine nuit face à Saint Jean-Baptiste apparaissant dans la lueur de son sfumato. C’est même assurément un bon after et un bon moyen de décupler la sensation de mystère et de vie qui règne dans les tableaux de Leonard de Vinci.

Mais au-delà d’une proposition qui combine gratuité et réponse au désir de pouvoir simplement accéder à une exposition surbookée, la décision prise par le Louvre invite à réfléchir à une politique culturelle nocturne. 

Aller au contact des œuvres dans ce climat si particulier est en soi une immersion telle que les musées tentent de plus en plus de la développer. Pourquoi ne pas généraliser davantage ces expériences ? Faire des visiteurs les Jay Z et Beyoncé d’un soir, eux qui s’étaient offert une danse avec les chefs-d’œuvre du Louvre dans leur clip APES**T.

L’ouverture du Louvre pour trois nuits se fait grâce à la mobilisation d’une quarantaine de salariés volontaires. Il y aurait évidemment un coût d’entrée assez élevé, en termes de sécurité et de négociations syndicales, pour étendre un tel dispositif à d’autres espaces du Louvre, et même à d’autres musées. Mais c’est une piste à explorer au moment où l’expérience muséale est elle-même en pleine redéfinition. 

Les tableaux de Leonard montrent que l’investigation du sensible par le rationnel doit passer à un moment ou à un autre le relais à l’imagination, voie suprême de la connaissance. La nuit l’imagination vagabonde : lui ouvrir d’autres portes que la lecture, l’écoute, le visionnage ou la fête, c’est encore augmenter son pouvoir.

par Mathilde Serrell

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