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Les "Feux de l'amour" totalisent plus de 11 000 épisodes depuis leur première diffusion

"Les Feux de l’amour" du soap au rite

3 min
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C’est peut-être la fin de l’amour mais pas des "Feux de l’amour". Le feuilleton le plus suivi aux Etats-Unis et en France vient d’être renouvelé pour 4 nouvelles saisons. Comment expliquer une telle longévité ? Et si les "Feux de l'amour" relevaient du rituel païen?

Les "Feux de l'amour" totalisent plus de 11 000 épisodes depuis leur première diffusion
Les "Feux de l'amour" totalisent plus de 11 000 épisodes depuis leur première diffusion Crédits : TF1

Diffusé au moins jusqu’en 2024, le feuilleton dépassera donc les 50 ans d’existence. Le premier épisode ayant fait son apparition sur la chaîne CBS en 1973.

En pleine effervescence du paysage sériel, qui ne cesse de renouveler les formes de récits, en pleine mutation des rapports amoureux, comment expliquer la longévité de ce soap opéra on ne peut plus « classique »? Sur quelle base sont nouées ces "Noces d'or" avec le public? Ma théorie c’est qu’au contraire plus les changements et l’incertitude règnent, plus « Les feux de l’amour » incarnent une sorte de pacte rituel. 

Ce que les téléspectateurs viennent voir dans « Les feux de l’amour » c’est le souvenir de l’histoire de l’amour telle que nous nous la sommes racontée jusqu’ici.

Pour vous resituer le concept ou plutôt le canevas du feuilleton, les intrigues se déroulent dans la ville imaginaire de Genoa City située dans le Wisconsin aux Etats-Unis. Des familles rivales s’y affrontent notamment les Newman et les Abbott. D’épisode en épisode : l’amour, la trahison et les drames familiaux se succèdent. Bref, une formule dérivative d’archétypes romanesques et tragiques. Les personnages emblématiques y sont propres et bien peignés, leurs conditions de vie plutôt cossues. Si l’identification fonctionne c’est qu’ils ont une vie autonome d’archétypes justement. Ils valident un imaginaire bien ancré, une abstraction préétablie de ce que sont les rapports humains.

Et plus l’anomie, soit la rupture des liens sociaux et de solidarité, progresse ou mute, plus la balise des « Feux de l’amour » se fait rassurante. Les sentiments éternels, les révélations, et les déclarations, entretiennent le mythe. Par exemple dans cette scène entre Victor, chemise blanche impeccable, tenant les reines d’un cheval gris pommelé, et Nikki, robe jaune et boucles d’or tout juste permanentées…

Guess what ? Victor va demander celle qu’il a toujours aimée en mariage… Les « Feux de l’amour » font vivre des images mais aussi une langue de l’amour qui prolonge les contes de l’enfance et qui n’a que faire du réel. Au fond tout se passera in fine comme prévu au pays des âmes sœurs. Amen.

C’est en cela que le feuilleton peut bien traverser des décennies, il s’apparente à un rite où les humains se rappellent les histoires qu’ils se sont racontées. 

« Les feux de l’amour » constitueraient donc une sorte de mémoire vive du passé de l’espèce ou plutôt des croyances passées de l’espèce. Reste à savoir si leur permanence induit un comportement transhistorique ? Grande question pour un petit feuilleton me direz-vous, mais d’une actualité brûlante…

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