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L'affiche non-officielle du Festival de Cannes 2020, annulé en raison du Covi

La culture fait son "Retour vers le futur'

3 min
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Après avoir eu la sensation de vivre « Un jour sans fin » pendant le confinement, et si nous nous retrouvions désormais dans « Retour vers le futur » ? J’ai parfois l’impression que nous avons atterrit dans une autre époque, celle des années 60...

L'affiche non-officielle du Festival de Cannes 2020, annulé en raison du Covi
L'affiche non-officielle du Festival de Cannes 2020, annulé en raison du Covi Crédits : Anton Lenoir

Après le réinvestissement de la cuisine, le retour de la couture avec la confection de masques, le règne retrouvé du poste de télévision dabs le salon familial, place désormais aux joies du « drive in » !  

Ce principe de séances sur grand écran auxquelles les spectateurs assistent depuis leur voiture a été importé des Etats-Unis pour la première fois en France en 1967. C’était à la Farlède dans le Var comme le rappellent nos confrères de « France 3 région » qui ont ressorti cette archive.  

https://www.ina.fr/video/RAF03027390 

Un demi siècle plus tard, avec l’épidémie, les mesures barrières, et la fermeture toujours prolongée des salles de cinémas et de spectacles, le « drive in » - qui ne s’était pas vraiment généralisé à l’époque - revient en force. C’est pour ainsi dire le phénomène culturel du moment en France et en Europe.  

Pour ne citer que quelques exemples le « Drive in festival », premier festival de drive-in cinéma itinérant, fait escale à Bordeaux depuis le 16 mai et devrait prendre ensuite la direction de Marseille. L’initiative a été créée pour aider les salles de cinéma et les distributeurs en difficulté et permettre aux spectateurs de se retrouver – chacun dans son habitacle et maximum trois dans une voiture - en toute sécurité. A Cannes, sur le parking de l’hôtel Palm-Beach des projections « Ciné Drive In » sont organisées depuis le 20 mai, d’autres se préparent à Rouen par exemple et un peu partout dans les jours et les semaines à venir. Le système s’impose comme l’alternative privilégiée de cette période intermédiaire.  

Spectacles, soirées DJ, compétition sportives et concerts vont également se dérouler sur le même principe. A Albi un « 100 % live, dans la voiture » fera jouer des musiciens devant 150 véhicules en retransmettant le concert sur la radio locale. En Allemagne, à Dusseldorf, un concours de saut à la perche sera également suivi sur grand écran depuis les voitures.  

Pour ce qui est de spectacles et des concerts, on notera qu’il est sans doute un peu perturbant de jouer devant des rangées de guimbardes, et de se faire applaudir à coup de klaxons. Mais d’une manière générale, le drive in a le mérite de proposer une forme d’expérience commune réelle et non virtuelle.  

D’autres voient dans ce phénomène un danger futur pour le réseau de salles ou encore un fâcheux « retour au monde d’avant » célébrant d’un mode de transport individuel polluant. Y aura-t-il un co-voiturage dédié au « drive-in » ? Cela présente-t-il des risques sanitaires ? Le "substitut" va-t-il durer? A suivre.  

A titre personnel je dirais que ce retour au « drive in » des années 60 me permettra de réaliser un vieux fantasme, mais surtout il montre qu’il n’est pas opérant d’évaluer les différentes alternatives culturelles développées pendant la crise selon le critère binaire du « avant » et du « après », tant qu’il ne s’agit pas de revenir globalement à la société des années 60 ni au mythe des trente glorieuses. Ce qui n’aurait rien de "sensass".

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