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Jessye Norman en 2012 à l'Olympia

Jessye Norman, l’unité du multiple

4 min
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À la fois icône du drapeau tricolore et de la bannière étoilée, Jessye Norman incarne l’unité du multiple politiquement et lyriquement.

Jessye Norman en 2012 à l'Olympia
Jessye Norman en 2012 à l'Olympia Crédits : David Wolff - Patrick - Getty

Jessye Norman comparait sa voix à un « grand manoir de sons ». Une vaste demeure avec ses différents points de vue, ses pièces ensoleillées comme ses salles caverneuses. Elle, en maîtresse des lieux, en garantissait l’unité par sa présence physique. C’est exactement cela que symbolise Jessye Norman. Au-delà de sa voix, l’incarnation physique d’une unité. C’est ma théorie.

D’ailleurs si "Madame Norman" parlait parfois d’elle à la troisième personne, ce n’est peut-être pas seulement par coquetterie de diva, mais parce qu’elle avait conscience d’être au-delà d’elle-même. D’être cette maison qui abrite des identités plurielles.

Dans sa biographie en 2014 « Tiens-toi droite et chante » elle écrit «  je suis tous ceux qui m'ont faite : la mère Afrique, les collines de Géorgie, et les États-Unis. Mon don est le mien et pourtant, il est aussi tout cela".

Jessye Norman, l’unité du multiple : voilà ce qu’elle défend lyriquement et politiquement.

Lyriquement elle ouvre grand son talent pour accueillir le plus de nuances dans son répertoire de Beethoven à Berg, et de Berlioz à Poulenc. Elle est aussi une soprano dramatique chez Purcell, Haydn, Mozart, Verdi ou Bartók. Une cantatrice et chanteuse qui embrasse le jazz, Duke Ellignton, Michel Legrand ou la mise en musique des textes de la romancière Toni Morisson et de la poétesse Maya Angelou qu’elle citait avec délice.

Politiquement cette unité du multiple chez Jessye Norman c’est évidemment l’incroyable image que nous connaissons, celle d’une soprano afro-américaine drapée de bleu blanc rouge, apparaissant au pied de l’obélisque de la Concorde pour entonner la Marseillaise lors des célébrations du bicentenaire de la Révolution française, devant la foule, les plus grands dirigeants internationaux, et 800 millions de téléspectateurs à travers le monde…

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Marianne d’une nation chimérique, au plus noble sens du terme, Jessye Norman devient sous nos yeux la France, cet être merveilleux composé de parties disparates. Qui mieux qu'elle pouvait alors réussir cette synthèse? Il y a d’ailleurs deux Marianne très importantes dans sa vie, celle du bicentenaire, et Marian Anderson, cantatrice noire américaine et pionnière qui va donner la révélation du chant à Jessye lorsqu’elle l’entend dans le poste en Géorgie. 

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La Géorgie américaine son pays natal, ce sud ségrégationniste où l’élèvent ses parents militants de l’égalité et des droits civiques. Il faudra d’abord que Jessye passe par l’Europe, l’opéra de Berlin, la Scala de Milan et les plus grands festivals, pour enfin devenir la Norman en son pays. Chantant pour les présidents démocrates et recevant la Médaille nationale des arts des mains de Barack Obama. 

À la fois icône du drapeau tricolore et de la bannière étoilée, Jessye Norman peut représenter plusieurs nations à la fois car l’unité qu'elle incarne respecte la spécificité et la liberté de chaque composante. À commencer par elle-même ! Elle racontera d’ailleurs comment, invitée à chanter pour la deuxième inauguration du président Reagan en 1984, elle n’a accepté de le faire qu’à condition qu’elle puisse publiquement dire qu'elle était en total désaccord avec lui.

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