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Saint Jean-Baptiste (1513-1516)

Léonard de Vinci, le mystère résiste

4 min
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Jamais notre connaissance de l’œuvre de Léonard de Vinci et de son processus créatif n’a été si grande. Pourtant, quelque chose résiste et persiste. Le mystère du génie prouve qu’il existe ! C’est ma théorie.

Saint Jean-Baptiste (1513-1516)
Saint Jean-Baptiste (1513-1516) Crédits : Léonard de Vinci

Ce n’est même plus une « Vincimania » c’est un déluge. Une profusion d’ouvrages, de documentaires et d’expositions ont accompagné les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci jusqu’au point d’orgue de cette rétrospective historique au Louvre. Jamais notre connaissance de l’œuvre de Léonard de Vinci et de son processus créatif n’a été si grande.

Pourtant quelque chose résiste et persiste. Le mystère du génie prouve qu’il existe ! C’est ma théorie.

Peintre, dessinateur, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, anatomiste, physicien, astronome, ingénieur, machiniste, expert en effets spéciaux comme en art militaire, et même inventeur d’instruments de musique : le génie de Léonard de Vinci déboussole par sa multiplicité (c’est le plus grand slasheur de l’Histoire). Mais c’est une fausse piste. Le grand mystère qui demeure reste celui de sa création.

Au Louvre, on a beau entrer dans le secret de Léonard, comme dans les plis de ses drapés, approcher ses intentions dans les dessins préparatoires et les carnets, voir littéralement les dessous de ses tableaux grâce à la réflectographie infrarouge, circuler dans le réseau de recherches scientifiques qu’il a mis au service de sa peinture, combiner tous les savoirs et les techniques qui permettent de mieux le cerner, rien ne dissipe l’énigme de ses chefs-d’œuvre…

Léonard de Vinci se trouve quelque part entre cet Homme de Vitruve aux bras et aux jambes démultipliées, et le sfumato de son Saint Jean-Baptiste, qui entre dans la lumière autant qu’il replonge dans l’ombre. Bref, de Vinci ou Léonard – comme on dit pour se rapprocher de lui - demeure insaisissable.

On le voit également avec Proust. À mesure que la recherche avance sur La Recherche du temps perdu, et que la genèse se précise, le mystère de la puissance de cette œuvre se renforce.

Mais pourquoi ? En fait, l’investigation du génie sensible par le rationnel, passe toujours, en définitive, le relais à l‘imagination. Voie suprême de la connaissance.

L’écrivaine Karen Blixen, citée dans le dernier roman de Geneviève Brisac, Sisyphe est une femme, donne au regardeur ou au lecteur la capacité de transformer définitivement une création en chef-d’œuvre ou en caricature. Nul ne sait ce qui permet en in fine à certaines d’œuvres d’être emportées par leur part de lumière ou d’être précipitées par leur part d’ombre. C’est pourquoi Eugène Delacroix disait à propos de son art "Je tourne autour du trou noir". 

Pour revenir à l’exposition Léonard de Vinci, c’est bien cette force magnétique qui piège toutes nos tentatives cognitives que nous pouvons percevoir. 

Et à bien le regarder le Saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci, j’ai presque l’impression que l’index qu’il pointe vers le ciel pourrait être un majeur. Façon de dire : vous pourrez tout mettre en œuvre pour le comprendre, le mystère de la création résiste aux explications.

par Mathilde Serrell

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