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Depuis sa sortie "Jesus Is King » bat des records en termes de ventes et d’écoutes en ligne autant qu'il engendre une véritable fièvre analytique

Saint Kanye West priez pour nous

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Au bord de la canonisation pour certains, se servant de Jésus comme instrument de son œuvre mégalomaniaque pour d’autres : le rappeur déclenche presque autant de théories que d’écoutes en streaming.

Depuis sa sortie "Jesus Is King » bat des records en termes de ventes et d’écoutes en ligne autant qu'il engendre une véritable fièvre analytique
Depuis sa sortie "Jesus Is King » bat des records en termes de ventes et d’écoutes en ligne autant qu'il engendre une véritable fièvre analytique Crédits : Getty

En cette Toussaint ne serait-il pas temps de célébrer un nouveau venu "Saint Kanye West" ? Au bord de la canonisation pour certains, se servant de Jésus comme instrument de son œuvre mégalomaniaque pour d’autres : le rappeur déclenche presque autant de théories que d’écoutes en streaming.

Depuis sa sortie il y a pile une semaine, son album « Jesus Is King » a non seulement battu des records en terme de ventes et d’écoutes en ligne (38 millions en 12h sur Spotify, c’est le plus gros démarrage de l’histoire de cette plateforme), mais il a aussi engendré une véritable fièvre analytique.

Qu’était-ce donc que ce disque de gospel d’un rappeur converti aux prêches du dimanche et autoproclamé « le plus grand artiste de tous les temps » ? Des kilomètres carrés d’hypothèses tentent d’y répondre. 

Kanye West est incontestablement un artiste « théorigénique » ! Comme il y a des visages photogéniques, qui produisent en photo ou au cinéma un effet supérieur au naturel, Kanye West produit un effet en terme de discours théorique qui est probablement supérieur à ce qu’il est. Ce sera ma théorie.

Car au fond, cet album comme tant d’autres œuvres, est tout simplement la transposition de ce qui l'habite, en l’occurrence un mélange de révélation biblique et de nouvelle lubie.

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Alors bien sûr quand Kanye West chante « we have everything we need » et que son site déborde de produits dérivés de sa nouvelle ferveur évangélique (sweet-shirts imprimés peintures d’églises à 250 dollars, casquette messe du dimanche à 40 dollars, et paire de chaussettes « Jesus Is King » à 30 dollars), on est loin l’ascèse.

Il y aurait de quoi théoriser à nouveau et évoquer cette fois la mise en place d’une nouvelle stratégie marketing à la conquête d’un public traditionnel et religieux qui écoute de la country, vote Trump et refuse le mariage entre deux personnes du même sexe.

Mais à écouter ce Kanye West tout en dévotion et rédemption, qui remercie Dieu d’avoir sauvé « un misérable comme [lui] », qui lui demande dans « Jesus is Lord » de « purifier sa musique », et qui s’est lancé depuis plusieurs mois dans une série de services religieux dominicaux, la démarche, excessive certes, semble néanmoins difficilement réductible à entreprise de calcul.

D'autant que Kanye West a toujours tourné autour du Sauveur depuis son album "The College Dropout" jusqu'au démiurge "Yeezus".

Au vrai, dans « Jesus Is King » on entend surtout comment un rappeur pétri de paradoxes se réapproprie un corpus religieux, et l’emmène dans son univers artistique. 

Est-ce si différent du maître de la house Larry Levan qui sample la chorale gospel des Joubert Singers ? D’un Rodolphe Burger qui se met dans les pas du Cantique des Cantiques ? Ou d’un Bono qui acclame dans un titre de U2 cet homme qui vient « au nom de l’amour » ?

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« Jesus Is King » rejoint la longue liste des œuvres inspirées par la foi et il n’y a pas quoi en faire une histoire.

par Mathilde Serrell

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