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En pleine épidémie,  il ne faut peut-être pas céder trop vite au charme de la flûte.

Disney + super héros du monde d'avant?

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La question n’est pas de savoir si les circonstances du confinement vont décupler le nombre d’abonnements à Disney +, ni si notre réseau va survivre à cette poussée de fièvre, mais si nous voulons remettre une pièce dans la machine à divertir comme si de rien était.

En pleine épidémie,  il ne faut peut-être pas céder trop vite au charme de la flûte.
En pleine épidémie, il ne faut peut-être pas céder trop vite au charme de la flûte. Crédits : Luciano Lozano - Getty

Le super-héros du confinement a-t-il deux grandes oreilles ? Ou est-ce un super vilain qui va casser notre internet ? Tel pourrait être le résumé des enjeux du lancement de la plateforme Disney en France.

Traduction : le leader des imaginaires (regroupant les marques Disney, Pixar, Marvel et National Geographic) débarque en streaming et en sauveur dans une France confinée. Seul hic, il pourrait provoquer une surcharge du réseau.

Un renouveau en matière de divertissement ?  

Ma théorie c’est surtout que Disney nous remet dans une certaine économie du divertissement qui vivait ces dernières semaines au ralenti. Or est-ce vraiment le moment de suivre à nouveau cet envoûtant joueur de flûte ?

Reposons d’abord le décor. A 6,99 euros par mois, il faut bien le dire, l’offre de Disney est étourdissante : 500 films, 7 500 épisodes de séries et 25 nouveautés. On pourra notamment découvrir dès aujourd’hui une série très attendue, « The Mandalorian », déclinaison de l’univers Star Wars qui met en scène un mercenaire à la recherche de bébé Yoda.

L’événement, qui en était déjà un, se transforme en miracle pour des millions de petits français et de pré-ados enfermés, ainsi que pour leurs parents en pré burn-out après avoir mangé leur tablier de maître d’école/cantinier/animateur polyvalent.

Seulement l’entrée dans le confinement ayant provoqué une surcharge des réseaux internet, l’arrivée du mastodonte Mickey a déjà dû être décalée de deux semaines, à la demande du ministre de l'économie, Bruno Le Maire. Quinze jours plus tard et alors que s’ouvre la première vague des vacances de printemps, les conditions sont-elles plus favorables ? Nous allons bientôt le découvrir.

Le fait est que bien que confinés, d’autres pays d’Europe où Disney a été lancé ont vu leurs réseaux résister aux chocs. Ajoutons à cela qu’entre-temps, d’autres mangeurs de bandes passantes (comme Facebook, YouTube, Netflix, ou encore PornHub) ont accepté de réduire la qualité de leur flux vidéo pour décongestionner la circulation.

Accélération en plein ralentissement

Au vrai, la question n’est pas de savoir si les circonstances du confinement vont décupler le nombre d’abonnements à Disney , ni si notre réseau va survivre à cette poussée de fièvre, mais si nous voulons remettre une pièce dans la machine comme si de rien était.

Disney vient d’annoncer la réorganisation de son planning de sorties jusqu’en 2022. Les volets 2, 3 ou 5 de telle ou telle franchise sont à nouveau réglés comme du papier à musique, ainsi que toutes les formes dérivées qui s’ensuivront. Or, il se dégage pour moi un sentiment de surchauffe qui ne tient pas compte de la réévaluation historique et du temps de réflexion que nous traversons.

Pour reprendre la légende (venue des frères Grimm), celle du joueur de flûte qui va envoûter les enfants, il faut se rappeler qu’il a d’abord permis aux habitants de se débarrasser des rats qui infestaient leur ville. En pleine épidémie, une relecture contemporaine de cette légende nous invite peut-être à ne pas céder trop vite au charme de la flûte.

par Mathilde Serrell

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