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Plus d'avant-première, plus de sortie cinéma. Pas de problème : on arrête tout, on réfléchit. Tels sont les maîtres mot de l'industrie cinématographique pendant le confinement.

A la crise, le cinéma fait une réponse élastique

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L’agenda des sorties de films comme celui des festivals se configure au cas par cas, et en chemin il pousse tout un secteur à se positionner, par delà les réflexes, sur les contenus, les valeurs, et le type d’expérience qu’il défend. La théorie de Mathilde Serrell s’y attarde aujourd’hui.

Plus d'avant-première, plus de sortie cinéma. Pas de problème : on arrête tout, on réfléchit. Tels sont les maîtres mot de l'industrie cinématographique pendant le confinement.
Plus d'avant-première, plus de sortie cinéma. Pas de problème : on arrête tout, on réfléchit. Tels sont les maîtres mot de l'industrie cinématographique pendant le confinement. Crédits : David Zaitz - Getty

Si il y a bien une phrase que j’ai retenu du discours de la reine d’Angleterre c’est celle-ci : « J’espère que dans les années à venir, chacun pourra être fier de la façon dont il a relevé ce défi ».

Dans le monde de la culture, au-delà des pertes colossales et de la mise en danger de nombreuses structures, force est de constater que toute une réflexion s’est engagée pour apporter des solutions « élastiques » face à cette crise sanitaire et ce confinement planétaire.

Une remodélisation du cinéma et des festivals 

Prenons l’exemple du 7ème art puisque c’est aujourd’hui mercredi, jour de « non-sortie » des films en salle. Comme le relève le journal Le Monde « confiné, sidéré, le milieu du cinéma n’en bruisse pas moins de mille préparatifs et de mille espoirs ». Cette adaptabilité et cette réactivité ont poussé les uns et les autres à se poser des questions qui ne renouvellent pas seulement la donne aujourd’hui, mais lancent des pistes pour demain.

L’agenda des sorties de films comme celui des festivals se configure au cas par cas, et en chemin il pousse tout un secteur à se positionner, par delà les réflexes, sur les contenus, les valeurs, et le type d’expérience qu’il défend. C’est un peu comme dans la BD culte « L’An O1 » de Gébé « On arrête tout, on réfléchit ». Voilà ma théorie.

Concrètement qu’est-ce que ça donne ? Pour des festivals de films documentaires il va par exemple être arbitré que le plus important est de montrer les films, et donc de maintenir même numériquement l’édition du festival. Ainsi le jury peut se prononcer à distance et les œuvres peuvent commencer à exister auprès du marché et du public. Le festival « Cinéma du réel » au Centre Pompidou a bien eu lieu « en ligne » à la fin du mois de mars, et le festival suisse « Vision du réel » se déroulera via Internet du 17 avril au 2 mai.

Dans le cas du festival de Cannes, si le report fin juin ne pouvait se faire, il est en revanche impossible de basculer sur une alternative entièrement numérique, puisque les rencontres physiques internationales entre artistes, professionnels et critiques sont l’essence même du festival. Il faudra donc annuler ou mieux imaginer.

Des films face au choix du report ou de la sortie en VOD 

Concernant l’exploitation des films, là encore les arbitrages de contingences amènent des réflexions plus larges. Une parenthèse dérogatoire à la fameuse « chronologie des médias » qui prévoit un délai réglementaire de quatre mois entre la sortie d’un film en salle et son exploitation DVD ou VOD, a été accordé par le Centre National du Cinéma. 31 films ont ainsi souhaité poursuivre leur carrière interrompue en salles via la VOD, et pour certains ils y connaîtront peut être une renaissance.

Le CNC permet également, sur demande de sortir directement les films en ligne, plutôt que de reporter leurs dates en salle. Un film comme « La bonne épouse » de Martin Provost a préféré miser sur une nouvelle sortie, la rencontre en salle sur la durée avec le grand public étant essentielle compte tenu du financement et de l’ADN du projet. Mais d’autres choisiront plutôt de sortir directement en VOD pour ne pas embouteiller la programmation des cinémas post-confinement et accélérer encore le fameux turn over des films. Ils iront toucher plus vite le public en ligne quitte à sortir plus tard en salle. Il ne s’agit pas de renoncer, mais de repenser.

Toutes exceptionnelles soient-elles ces mesures permettent de rouvrir les débats, pour imaginer à terme des solutions hybrides et surtout sur mesure en fonction des films et plus seulement des corporations. « On arrête tout, on réfléchit » !

par Mathilde Serrell

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