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Après moi, le déluge

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On ne peut malheureusement pas parler de surprise : la COP 25 qui s’est achevée dimanche à Madrid est un échec. Aucune avancée notable. Et tant pis pour les petits pays victimes du réchauffement climatique.

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il pleut ! Crédits : piola666 - Getty

Les collapsologues se veulent rassurants. Lorsque notre civilisation se sera effondrée, disent-il, une nouvelle société, basée sur l’entraide, pourra émerger. La nature humaine nous pousserait en effet à coopérer en cas de danger plutôt qu’à nous entre-tuer. D’un naturel optimiste, je ne demande pas mieux que d’adhérer à cette vision des choses, mais les contre-exemples sont trop nombreux dans l’actualité pour y croire tout à fait.

Je ne parlerai pas ici du combat quotidien pour monter dans une des rames du métro parisien en temps de grève, mais de la COP 25, qui s’est achevée dimanche à Madrid. Ce fut, pour l’essentiel, le rendez-vous des égoïsmes nationaux, lesquels, quand on les additionne, ne renforcent pas la solidarité entre les Etats : ils l’affaiblissent au contraire.

Ce rendez-vous annuel de la communauté internationale autour des questions climatiques n’était certes pas le plus décisif. Celui de l’an prochain, en Ecosse, aura une autre importance, puisqu’il s’agira, pour chacun des Etats signataires de l’accord de Paris de 2015, de réviser à la hausse ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. En l’état, ceux fixés il y a 4 ans sont très insuffisants pour contenir la hausse moyenne de la température à 2°C, ils le sont d’autant plus qu’ils ne sont, le plus souvent, pas respectés.

Si Madrid accueillait une COP qu’on peut qualifier d’intermédiaire, elle aurait dû, symboliquement au moins, accompagner la prise de conscience massive et mondiale de la société civile qui se manifeste bruyamment depuis un an.  Or que s’est-il passé en Espagne ? Les principaux pays responsables du réchauffement climatique ont délibérément refusé d’aider davantage ceux qui en sont les principales victimes.

La COP 25 avait deux grands dossiers à traiter : la régulation des marchés du carbone (dont je vous ai déjà parlé début décembre dans cette chronique), et la question des ‘’pertes et préjudices liés aux changements climatiques’’. Ces pertes et ces préjudices, ce sont les dégâts, souvent irrémédiables (puisque coûteux en vies humaines) provoqués par des épisodes climatiques de plus en plus violents, comme par exemple les ouragans, les tempêtes, l’érosion côtière…

Les dégâts en question n’ont rien de théorique. Le dérèglement climatique est une réalité pour des pays qui, souvent, associent vulnérabilité écologique et vulnérabilité économique. En 2015, une vingtaine d’entre eux, parmi lesquels le Bangladesh, le Timor oriental, Madagascar ou encore le Vanuatu (700 millions de personnes en tout), ont créé le V20 (V pour vulnérable), pour essayer de faire entendre leur voix.

Avec l’atténuation du changement et l’adaptation au changement, la question de la réparation des dommages est un des piliers de l’action climatique. Un mécanisme a d’ailleurs été créé par la communauté internationale pour traiter ce sujet de manière spécifique : le Mécanisme de Varsovie. Il s’agit de documenter les pertes et préjudices subies par ces pays vulnérables, d’offrir un espace de coopération, et de ‘’renforcer le soutien aux pays les plus affectés’’. Autrement dit, de les aider financièrement à surmonter une situation occasionnée par les pays les plus riches.

Or, comme l’explique le Réseau Action Climat sur son site, ‘’c’est justement sur ce dernier point que le bât blesse. Les pays développés, responsables des émissions historiques de gaz à effet de serre, n’ont pas voulu signer de chèque en blanc pour réparer les dommages que leurs modes de production et de consommation causent’’. Et les pays du Sud n’ont pas d’autres moyens que leur force de persuasion pour convaincre ceux du Nord de les aider, puisqu’il n’existe pas de cadre juridique qui pourrait contraindre les seconds à indemniser les premiers.

A Madrid, aucun engagement précis de compensation financière n’a été pris, ne serait-ce que parce que, comme le relèvent Les Echos, aucune étude ne fait référence s’agissant des besoins réels de financement. Les pays développés ont refusé de créer une aide financière spécifique, inspirant cette réflexion au représentant de l’archipel polynésien des Tuvalu, réflexion à caractère prémonitoire : ‘’il y a des millions de personnes qui souffrent des changements climatiques partout dans le monde. Le nier pourrait être considéré comme un crime contre l’humanité’’

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