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le train de nuit, une alternative à l'avion sur les longues distances

Ceux qui rêvent prendront le train

3 min
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Le train est le mode de transport collectif le plus écologique mais il est concurrencé par l'avion sur les longues distances. A moins de choisir de relancer les trains de nuit.

le train de nuit, une alternative à l'avion sur les longues distances
le train de nuit, une alternative à l'avion sur les longues distances Crédits : Zelma Brezinska / EyeEm - Getty

Je n’ai pas l’expérience requise pour avoir un avis circonstancié sur les soirées libertines, mais j’ai suffisamment pratiqué les trains, la nuit, pour avoir des doutes sur le fait de concilier les deux activités. Non pas que la promiscuité que requièrent les premières soit incompatible avec l’aménagement des seconds : quiconque a déjà pratiqué le wagon-couchette à 6 places sait ce que signifie dormir les uns sur les autres. Mais le bruit, les odeurs, le roulis…ne sont pas les meilleurs amis de la libido.

Si je vous en parle ce matin, c’est parce que du côté de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, un entrepreneur a eu l’idée de louer des trains pour y organiser des soirées coquines. 5 heures de trajet sur les voies du département, entre 21h et 2h du matin, comme le révélait il y a quelques jours l’hebdomadaire ‘’La semaine du Roussillon’’.

Il faut dire qu’après avoir été longtemps négligé, le train de nuit semble à nouveau avoir la cote. Le secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebarri, promet un plan  de ‘’redynamisation des trains de nuit’’’dans les mois qui viennent’’. La compagnie Railcoop, société coopérative, entend réinventer le train de nuit à partir de 2022 (elle veut notamment relancer la ligne entre Lyon et Bordeaux). D’autres pays européens sont sur la même voie : la liaison nocturne Bruxelles-Vienne a ainsi été remise en service en janvier dernier. Le parlement belge vient d’ailleurs de voter une résolution pour soutenir leur développement sur les lignes internationales.

C’est que d’un point de vue écologique, le train, déjà considéré comme le mode de transport de voyageurs le moins émetteur de CO2 (étude ADEME) est encore plus vertueux lorsqu’il roule la nuit : il se pose alors en véritable alternative à l’avion sur les longues distances.

Si vous devez parcourir, de jour, un trajet de l’ordre du millier de kilomètres, vous allez préférer l’aérien parce que c’est beaucoup plus rapide et pas forcément plus cher que le train. Mais de nuit, c’est le ferroviaire qui reprend l’avantage : vous économisez une nuit d’hôtel, vous ne voyez pas le temps passer puisque vous dormez…et à l’arrivée, vous pouvez vous enorgueillir d’avoir voyagé loin avec une faible empreinte écologique.

Alors attention, il ne faut pas non plus surestimer cet impact. La somme des satisfactions individuelles ne peut pas non plus faire des miracles. Pour une même destination, vous ne pouvez  pas faire circuler beaucoup de trains par nuit (c’est une limite technique), soit au maximum 500 personnes à chaque fois, ce qui fait du train de nuit ‘’un marché de niche et non pas de masse’’, comme l’écrit le magazine Ville Rail et Transports.

En France, la relance des trains de nuit va d’abord passer d’abord par la remise en service de ceux mis à l’arrêt pendant le confinement. Lesquels n’ont même pas besoin de tous les doigts d’une main pour qu’on les compte : il n’y en a plus que deux qui circulent : le premier permet de rejoindre la Drôme et les Hautes-Alpes depuis Paris, le second Rodez, Toulouse, jusqu’à Cerbère à la frontière espagnole, depuis le même point de départ. Ils rouleront à nouveau à partir du week-end du 4 juillet.

Deux lignes, alors qu’il y en avait encore douze il y a une dizaine d’années. Dans un article publié en début d’année dans le Monde, le journaliste Olivier Razemon évoque le confort approximatif des cabines pour expliquer leur désaffection, le fait que les trains de nuit étaient autrefois fréquentés par les appelés du contingent : ‘’la suppression de la conscription n’a pas aidé’’, mais aussi et surtout le fait que les compagnies ferroviaires aient tout misé sur la vitesse, la fameuse politique du tout TGV.

Le train de nuit, c’est le contraire, c’est l’idée de voyager à un autre rythme, de retrouver le goût de la lenteur, ce goût dont on a tant entendu parler à propos du monde d’après.

Mais je vois bien que ce n’est pas ça qui vous préoccupe. Vous vous demandez comment réserver une place (voire plusieurs) dans le Train des plaisirs qui doit rouler cet été en pays catalan. J’ai oublié de vous dire : le projet vient d’être abandonné. Les propriétaires du train auraient subi des pressions pour ne pas le faire. Je vous promets que je n’y suis pour rien.

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