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Chirac, plusieurs nuances de vert

Chirac, ecolo ma non troppo

4 min
À retrouver dans l'émission

Parmi les phrases de Jacques Chirac qui resteront, il y a ''Notre maison brûle et nous regardons ailleurs'' prononcée en 2002 en Afrique du sud. Suffisant pour en faire un président écolo ?

Chirac, plusieurs nuances de vert
Chirac, plusieurs nuances de vert Crédits : ALEAIMAGE - Getty

A quoi tient un bilan ? Celui de Jacques Chirac en matière de protection de la nature n’est ni très épais, ni toujours cohérent. L’ancien président fut à la fois capable d’inaugurer son premier mandat en relançant les essais nucléaires dans le Pacifique, et de faire adopter, au cours du second, la Charte de l’environnement, adossée à la Constitution.

Ses paroles n’étaient pas toujours suivies d’actes. Ainsi cette fameuse promesse, formulée pour la première fois en 1988, réitérée deux ans plus tard - il est alors maire de Paris : 

Au dernier recensement, plus de 25 poissons différents trouvaient des conditions de vie adéquates dans la Seine. Voilà pourquoi j'affirme qu'on peut rendre un fleuve propre, et j'ai d'ailleurs indiqué que dans trois ans, j'irai me baigner dans la Seine devant témoins pour prouver que la Seine est devenue un fleuve propre. Jacques Chirac, La Marche du siècle, France 3, 15 mai 1990

Ni comme maire, ni comme Président, ni comme ancien locataire de l’Elysée, Jacques Chirac n’ira frayer avec les petits poissons parisiens. C’est ce qui lui sera souvent reproché au cours de sa carrière : être meilleur pour formuler des serments que pour s’y tenir. Ce fut peut-être, d’ailleurs, une des clés de sa longévité en politique. Car comme l’écrit l’ancien ministre Vincent Peillon dans son dernier livre : "les citoyens préféreront toujours une promesse non tenue à une absence de promesse".

Mais c’est en empruntant un autre registre, celui du lanceur d’alerte, que l’ancien chef de l’Etat va gagner, pour toujours, ses galons de défenseur de l’environnement :

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l'admettre. L'humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents." Jacques Chirac, 2 septembre 2002, sommet de la Terre à Johannesburg.

Succès immédiat. Sans forcément en faire les gros titres, la presse de l’époque relève et relaie la phrase du président. Libération note que ‘’l’Elysée se gargarise d’avoir trusté les écrans de CNN avec un discours qui a fait le tour du monde’’ et qui va durablement imprégner les esprits. Au point qu’Emmanuel Macron s’en est à nouveau servi en août dernier, pour évoquer les incendies, en Amazonie.

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L’historienne des sciences Amy Dahan, spécialiste des négociations climatiques, me rappelait hier dans quel contexte s'était ouvert ce sommet de Johannesburg. Il venait clore une décennie 90 marquée par la mondialisation des échanges et les politiques de dérégulation. Les engagements pris à Rio 10 ans plus tôt en faveur des pays en développement n’ont pas pesé lourd face à cette déferlante. "Ce que va apporter Chirac, dit Amy Dahan, c’est de réunir la question sociale et environnementale dans une même préoccupation". 

La protection de l'environnement est devenue un impératif éminemment politique, qui concerne la Cité planétaire tout entière. Il s'agit de faire prévaloir une certaine conception de l'homme par rapport à la nature. Il s'agit de rappeler ses droits, et aussi ses responsabilités. Il s'agit de définir une éthique collective pour la prise de décision, dans le respect des droits des générations futures. Une nouvelle et grande ambition s'impose à tous, en tous les cas à nous : faire de la France le creuset de cette nouvelle éthique et d'une autre façon de vivre le XXIe siècle. Inscrire une écologie humaniste au coeur de notre pacte républicain. Jacques Chirac, 3 mai 2001, Orléans

Jean-Paul Deléage est historien des sciences de l’environnement. C’est lui qui souffla à Chirac sa fameuse formule ‘’Notre maison brûle…’’ Le site Reporterre l’a retrouvé :

- Iriez-vous jusqu’à qualifier Jacques Chirac de président écologiste ?

- Jean-Paul Deléage : Ce serait beaucoup dire…(Il) avait saisi l’ampleur du problème et son importance majeure...mais il n’a pas fait énormément de choses pour le résoudre.’’

Reste tout de même cette Charte de l’environnement, adoptée en 2004. Son article 1 fera office de conclusion : ‘’Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé’’ . 

Qu'en pensent les habitants de Rouen ?

par Hervé Gardette

Chroniques
8H50
4 min
La Théorie
Jacques Chirac, "accidentellement" cool
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