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quand les discussions tournent en rond, c'est peut-être le moment d'agir

Contentieux climatiques : symboliques, mais pas que...

3 min
À retrouver dans l'émission

Les contentieux climatiques pour pousser les gouvernements à agir ne produisent pas que des décisions judiciaires symboliques. Elles contraignent les gouvernements à agir. Illustration avec l'affaire Urgenda.

quand les discussions tournent en rond, c'est peut-être le moment d'agir
quand les discussions tournent en rond, c'est peut-être le moment d'agir Crédits : FrankRamspott - Getty

Imaginez une salle de réunion, avec une longue table ovale au milieu, autour de laquelle sont assis les participants. Chacun donne son avis et fait part de ses préconisations sur le sujet du jour. Une fois que tout le monde a parlé, on change de salle, on garde plus ou moins les mêmes… et c’est reparti pour un tour !

Beaucoup d'idées mais trop peu de nouveautés 

Et bien c’est un peu à ça que me font penser les consultations citoyennes lancées ces dernières semaines, dans le cadre du confinement, pour imaginer le monde d’après : l’impression que tout ça tourne en rond, un peu comme dans le sketch de Raymond Devos sur les sens giratoires. Allez faire un tour sur les plateformes de contributions : des idées pour sauver la planète, vous allez en trouver un paquet, des idées intéressantes, un nombre conséquent, mais des idées nouvelles…

Rien de très neuf sous le soleil ! Tout ça pour dire qu’à un moment donné, ce qui manque, ce ne sont pas les idées mais les décisions pour les appliquer, le coup de volant nécessaire pour sortir du rond-point. Et ce coup de volant, les citoyens justement peuvent contribuer à le donner. Mais d’une autre façon : c’est la leçon à tirer de l’affaire Urgenda.

Urgenda, c’est le nom d’une organisation néerlandaise, engagée dans la transition écologique.  Elle s’est fait connaitre mondialement en poursuivant en justice le gouvernement des Pays-Bas, pour non-respect de ses engagements climatiques. Pour la première fois au monde, des citoyens (près d’un millier de plaignants) se retournent contre l’exécutif pour le pousser à agir, considérant qu’il a l’obligation légale d’intervenir pour prévenir le changement climatique. C’est cette initiative qui, en France, a inspiré la campagne de l’Affaire du siècle.

L'affaire Urgenda : quand les ONG font la loi 

Initiée en 2015, la procédure judiciaire s’achève le 20 décembre dernier lorsque la Cour suprême des Pays-Bas, plus haute juridiction nationale, donne définitivement raison à Urgenda, après cinq années de procédure. Elle statue que les objectifs néerlandais de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont trop faibles par rapport à ceux fixés par l’accord de Paris sur le climat, mais également au regard de ses engagements sur les droits de l’homme. 

Victoire symbolique importante. Mais on ne règle pas les questions climatiques à la seule force des symboles. Or il semblerait que cet épilogue judiciaire n’ait pas été vain sur le terrain politique puisque le gouvernement vient d’annoncer une série de mesures, comme par exemple la réduction massive du recours aux centrales électriques à charbon, la limitation de la taille des élevages bovins et porcins, ou encore l’octroi de subventions aux particuliers pour isoler leurs logements ou verdir leurs jardins. (à lire les articles du Deutch News et du Guardian)

Mesures cosmétiques ? Ce n’est pas ce que pense Urgenda : l’organisation se dit satisfaite, ce qui n’est pas si fréquent dans le monde des ONG. Il faut dire que 30 des 54 propositions qu’elle avait faites ont été reprises par les autorités néerlandaises, afin de respecter leur engagement de baisser de 25% leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici la fin de l’année par rapport à 1990.

Certes, les mesures annoncées par le gouvernement néerlandais visent avant tout à respecter cette échéance de fin 2020 (ce qui va arriver très vite). Et certes, la période de confinement, en ralentissant l’activité économique, lui facilite le travail. L’épidémie va d'ailleurs permettre aux plus récalcitrants d’apparaitre comme de bons élèves puisque leurs émissions de CO2 sont en train de baisser mécaniquement.

Il n’empêche : en 2015, une organisation a fédéré des citoyens, à qui la justice a fini par donner raison en 2019, contraignant leur gouvernement à prendre, en 2020, des décisions conformes à ses engagements internationaux. Victoire symbolique…mais pas que. Voilà une façon optimiste de démarrer la semaine.

par Hervé Gardette

Chroniques
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